La société Aterian, cotée à Londres, a annoncé lundi 15 septembre le démarrage à grande échelle de ses activités commerciales au Rwanda, avec une première expédition de concentré de tantale-niobium (coltan). Présentée comme issue d’une chaîne d’approvisionnement « responsable », cette cargaison arrive toutefois dans un contexte où les exportations rwandaises de coltan sont régulièrement accusées d’être liées aux minerais de conflit en RDC.
L’entreprise s’approvisionne auprès d’exploitations artisanales et à petite échelle conformes aux normes de l’OCDE. Elle revend ensuite ce coltan à l’international via un partenariat avec une société de négoce de métaux dont l’identité n’a pas été dévoilée.
« Grâce à nos opérations, nos systèmes de gestion des risques et nos partenariats désormais en place, nous sommes convaincus de notre capacité à démontrer une traçabilité totale tout en mettant en place une chaîne d’approvisionnement solide et hautement intègre, capable de soutenir une croissance substantielle des volumes », a assuré Simon Rollason, DG d’Aterian.
L’accent répété de la société sur la traçabilité, qu’elle affirme conforme à l’Initiative internationale pour la chaîne d’approvisionnement de l’étain (ITSCI), n’est pas anodin. En avril 2025 par exemple, Global Witness accusait la société luxembourgeoise Traxys d’avoir acheté au moins 280 tonnes de coltan au Rwanda en 2024, dont une partie issue, selon l’ONG, de la mine congolaise de Rubaya, sous contrôle des rebelles du M23 depuis février 2024.
Pour les sociétés d’électronique comme Apple, c’est aussi une question de réputation que de disposer de sources d’approvisionnement fiables. La marque à la pomme s’est d’ailleurs retrouvée l’année dernière au centre d’une nouvelle polémique, le gouvernement congolais l’accusant d’utiliser dans ses produits des minerais provenant de sources présumées illégales.
La question est désormais de savoir si cette nouvelle source d’approvisionnement au Rwanda saura échapper aux critiques, alors que l’ITSCI elle-même a déjà été accusée de couvrir la contrebande de coltan congolais.