Le Collectif des agents et cadres de l’Autorité de Régulation de la Sous-Traitance dans le Secteur Privé (ARSP) a officiellement saisi, le 25 mai 2026, plusieurs hautes autorités de la République démocratique du Congo pour dénoncer des faits présumés de mégestion et de détournement de deniers publics imputés à la direction générale de l’établissement.
Dans une lettre signée par Maître Merdy KPAMA au nom du collectif et transmise notamment au président de la République Félix Tshisekedi, à la Primature, à l’Assemblée nationale, au ministère de la Justice, au Procureur général près la Cour de cassation, à l’Inspection générale des finances (IGF) et à la CENAREF, le collectif dresse un tableau accablant de la gestion de l’ARSP depuis la nomination de son directeur général par Ordonnance présidentielle n°22/218 du 15 novembre 2022.
Parmi les faits les plus graves documentés dans le dossier transmis aux autorités figure un tableau de décaissements annexé à la lettre, faisant état de retraits en espèces et via un cabinet d’avocats sur les comptes de l’ARSP pour un montant total estimé à 100,4 millions USD entre 2023 et juin 2025 — dont 45 millions USD pour la seule année 2023.
Le collectif pointe également le non-reversement à la DGI des impôts prélevés sur les rémunérations des agents, pour un montant estimé à plus de 7 millions USD, ainsi que le non-versement à la CNSS des cotisations sociales retenues à la source. S’y ajoutent le non-paiement des loyers et frais de fonctionnement des directions provinciales depuis août 2025 — soit près de dix mois d’arriérés — et la suppression ou le paiement sélectif des primes statutaires des agents.
Comptes parallèles et marchés opaques
La lettre de dénonciation fait état de l’ouverture présumée de comptes bancaires parallèles à la SOFIBANQUE, destinés, selon le collectif, à contourner le système de comptes séquestres instauré par la tutelle. Un endettement contracté auprès de la RAWBANK à des fins présumées personnelles est également mentionné.
Par ailleurs, le collectif allègue des attributions irrégulières de marchés à des entreprises liées à la direction, une neutralisation de la direction d’audit interne, un recours excessif aux marchés de gré à gré, ainsi que l’utilisation présumée des ressources de l’ARSP pour la location de jets privés.
L’une des accusations les plus délicates concerne l’encaissement anticipatif de redevances auprès de plusieurs entreprises, principalement minières, sous prétexte de financer des activités liées au projet de révision constitutionnelle. Si elle venait à être établie par les instances compétentes, cette allégation pourrait avoir des répercussions bien au-delà du seul cadre institutionnel de l’ARSP.
Le collectif évoque également des pratiques de népotisme, avec une prise de contrôle informelle de certains marchés publics par des membres de la famille du directeur général, ainsi qu’une agression physique présumée d’un agent par des gardes du corps de ce dernier lors d’une réunion de service.
Un audit indépendant réclamé en urgence
Face à l’ensemble de ces allégations, le Collectif des agents et cadres de l’ARSP sollicite l’ouverture d’une mission d’audit indépendante, diligentée par l’IGF et les structures de contrôle compétentes, afin d’établir la situation financière réelle de l’établissement et de dégager les responsabilités.
Le dossier transmis aux autorités comprend la lettre de dénonciation, ses annexes et des pièces comptables versées au dossier. À ce stade, la direction générale de l’ARSP n’a pas encore réagi publiquement aux accusations portées contre elle. Ci-dessous les documents y relatifs :




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