Le Chef de l’État Félix Tshisekedi a présenté lundi 22 septembre à New York trois axes majeurs en vue de la reconnaissance internationale des génocides qu’il attribue au Rwanda sur le sol congolais au cours des trois dernières décennies.
C’était au cours d’une conférence consacrée à cette question, organisée en marge de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Cartographier les faits, établir juridiquement l’existence des génocides et mettre en place une justice transitionnelle adaptée constituent, selon lui, les piliers de ce combat.
« La reconnaissance des génocides commis en RDC est une urgence mondiale. Pourquoi maintenant ? parce que la prévention exige d’abord la nomination des crimes et la reconnaissance des victimes. Parce que la stabilité de toute une région dépend de la capacité à dire le vrai, à juger le criminel, à réparer l’irréparable et à garantir la non-répétition », a dit le Chef de l’Etat congolais.
Le Président Félix Tshisekedi a affirmé que la RDC s’inscrit dans le respect de la Convention du 9 décembre 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide. Celle-ci, a-t-il rappelé, « vise la vérité, exige la justice et appelle à la réparation ».
À cette fin, Félix Tshisekedi a lancé un appel à différents acteurs. Aux États, il a demandé de « soutenir l’établissement d’un mécanisme international robuste de vérité et de qualification juridique des crimes assorti de capacités d’enquête, de préservation des preuves et de coopération judiciaire ».
Aux Nations-Unies et aux organisations régionales, il a recommandé de conjuguer les efforts « pour garantir la protection des civils aujourd’hui, la justice pour les victimes hier et des garanties crédibles de non-répétition demain ». Le président a également interpellé la société civile, les survivants et les chercheurs, les exhortant à poursuivre leur travail de mémoire et de documentation.
S’exprimant à titre personnel et institutionnel, Félix Tshisekedi s’est engagé à soutenir « toutes les démarches sérieuses et crédibles » visant à établir les responsabilités des crimes commis en RDC et à garantir aux victimes leur droit à la vérité, à la justice et à la réparation. « Notre main reste tendue pour le travail commun », a-t-il dit.
Le chef de l’État a insisté sur la portée universelle de son initiative : « Ce combat n’est dirigé contre aucune communauté. Il est mené pour l’humanité. Reconnaître un génocide, c’est protéger l’avenir en refusant l’oubli et le relativisme. La paix se bâtit sur la vérité et la justice, avec des mesures de réparation, de mémoire et de réintégration des victimes. »
La conférence, présentée par Kinshasa comme un « espace de parole utile », a réuni des personnalités congolaises, des représentants d’autres pays ainsi que des organisations internationales de défense des droits humains. Elle s’est tenue à la veille du discours attendu de Félix Tshisekedi mardi à la tribune des Nations-Unies.
Célestin KAZADI