L’Observatoire de la dépense publique (ODEP) que dirige le Professeur Florimond Muteba appelle le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, à procéder à l’annulation immédiate des arrêtés prises en date du 3 novembre 2023 par l’ancien ministre de l’économie nationale Vital Kamerhe radiant de manière « injuste » plus de 500 agents du Cadre Permanent de Concertation Économique (CPCE).
Dans un communiqué publié ce jeudi, cette organisation de la société civile relate la misère que traversent ces fonctionnaires de l’État, qui, a ce séjour peinent à nouer les deux bouts du mois. Pour le professeur Florimond Muteba, il est qu’urgent pour le chef de l’État de procéder à la réintégration sans condition de ces agents pour décanter cette situation.
Ainsi, il exige une communication officielle et transparente du ministère de l’Économie sur les mesures concrètes envisagées pour résoudre ce dossier. L’ODEP préconise également la création urgente d’une commission parlementaire d’enquête qui va statuer sur cette question, et requiert l’implication de la Première Ministre, du Ministre actuel de l’Économie et de celui de la Justice et Garde des Sceaux.
« Les arrêtés ministériels de Vital Kamerhe sont controversés, signés dans la précipitation, en toute opacité et exécutés sans motifs explicites, sans notification officielle aux agents concernés, ni respect des procédures établies, ouvrant ainsi la voie à une vague de nominations partisanes et sélectives. De nombreux témoignages concordants font état de recrutements motivés par le clientélisme, le népotisme, en contradiction avec les règles élémentaires de bonne gouvernance et au détriment du mérite », lit-on dans le communiqué de l’ODEP.
L’acte posé par Vital Kamerhe est loin d’être un fait attaché au seul ministère de l’Économie, il est plutôt une action qui entache les efforts du Gouvernement dans son ensemble pour l’amélioration de l’administration congolaise.
« Ce drame humain va bien au-delà des seuls agents concernés : il illustre la dérive d’une administration qui, au lieu de protéger, choisit d’exclure et de punir arbitrairement. Ce dossier témoigne ainsi d’une crise structurelle de gouvernance, qui alimente et aggrave la défiance entre l’administration publique et la population », pense l’ODEP.
Néanmoins, cette organisation proteste non seulement contre le silence des autorités vis-à-vis des cris de détresse de son peuple, mais aussi contre le manque de volonté de l’actuel ministre de l’Économie de rencontrer les inspecteurs du CPCE malgré toutes les démarches entreprises dans ce contexte.
Ce mutisme institutionnel, estime l’ODEP, s’apparente, à une indifférence coupable et traduit une complicité tacite dans la perpétuation de cette injustice sociale.
Célestin KAZADI