L’accroissement des boutiques médicales et cliniques esthétiques qui proposent des injections esthétiques et le Brazilian Butt Lift (BBL) aux femmes à Kinshasa préoccupe au plus haut niveau le député national Guy Mafuta Kabongo.
Pour en savoir plus, cet élu de la circonscription électorale de Tshikapa dans la province du Kasaï a adressé, mercredi 12 novembre 2025, une question d’actualité au ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévention, Roger Samuel Kamba.
Tout en alertant sur les graves risques que ces pratiques font courir aux femmes, souvent opérées dans des conditions douteuses et sans encadrement médical adéquat, Guy Mafuta stigmatise le « foisonnement » de ces interventions chirurgicales menées dans des structures non agréées, parfois tenues par des personnes sans qualification reconnue.
Cet élu s’interroge sur l’attitude de l’autorité sanitaire, qu’il accuse de « passivité » face à un phénomène qui prend de l’ampleur dans la capitale. En clair, il demande notamment des éclaircissements sur le statut légal de ces établissements, la compétence des praticiens, les exigences techniques imposées, ainsi que les mécanismes de contrôle exercés par le ministère pour protéger la population contre les charlatans.
Les opérations de chirurgie esthétique font déjà des victimes à Kinshasa. En effet, une plainte a été déposée en octobre dernier au Tribunal de grande instance de la Gombe par la famille de Madame Laetitia Kifwame Lubo, décédée à la suite d’une liposuccion pratiquée à la clinique Le Jourdain, dans la commune de la Gombe.
Une mère de famille s’était rendue, le mardi 7 octobre 2025, seule et sans en informer ses proches, dans ce centre médical situé sur l’avenue Haut-Commandement n°308, quartier Batetela. Elle devait y subir une liposuccion des cuisses et des mollets. Convaincue d’être entre de bonnes mains, cette mère aurait donné son consentement à l’équipe médicale du centre, dirigée par une certaine « Dr ML Malonda ».
Aucune assistance médicale ne lui aurait été fournie à la sortie, ni recommandation post-opératoire claire. Rentrée chez elle, la mère de famille a passé la nuit seule. Le drame s’est produit dans la nuit du 7 au 8 octobre. Vers 5h30 du matin, sa fille de 17 ans a tenté de la réveiller, avant de la retrouver inerte, allongée au pied du lit, confient ses proches.
La victime est alors transportée d’urgence à l’hôpital Ngaliema Center. Mais les médecins ont seulement constaté son décès. Des pansements encore tachés de sang entouraient ses cuisses et ses mollets, confirmant qu’elle venait de subir une intervention chirurgicale.