Le ministre des Mines, Louis Watum, a signé un arrêté prorogeant pour six mois le classement en « zone rouge » de plusieurs sites miniers situés dans les territoires de Masisi (Nord-Kivu) et de Kalehe (Sud-Kivu), en raison d’activités d’exploitation illicite de minerais, selon un communiqué consulté samedi 15 novembre 2025 par DosEco.
Ce statut, qui interdit toute activité minière sur les sites concernés, permet également la conduite d’audits indépendants à l’initiative du ministère des Mines ou d’organismes internationaux tels que l’ONU, l’OCDE, la CIRGL ou tout autre acteur impliqué dans la mise en œuvre des normes CTC, OCDE et CIRGL. Les sites touchés concernent les filières aurifère, stannifère, cupro-cobaltifère ainsi que les pierres de couleur en République démocratique du Congo.
Le secrétaire général aux Mines, l’inspecteur général des Mines, ainsi que les directeurs généraux du Cadastre minier (CAMI), du CEEC et du SAEMAPE, sont chargés de l’exécution de l’arrêté, qui prend effet dès sa signature.
Classés en « zones rouges » une première fois le 15 février 2025 pour une durée initiale de six mois, ces sites avaient été sanctionnés en raison de l’exploitation et du commerce illicites de minerais attribués à des réseaux opérant au profit de l’armée rwandaise, dans le cadre du financement de la guerre d’agression menée contre la RDC.
La reconduction du statut « rouge » intervient dans un contexte sécuritaire extrêmement volatil dans l’Est de la RDC, marqué par la persistance des conflits et la présence de groupes armés dans les zones minières. Pour Kinshasa, cette mesure vise à assainir les filières d’approvisionnement et à renforcer la traçabilité des minerais, enjeu majeur pour répondre aux attentes des partenaires internationaux et des acheteurs soumis aux exigences de diligence raisonnable.
Célestin KAZADI