L’opposant Martin Fayulu Madidi a sévèrement critiqué l’accord-cadre pour une paix globale dans l’Est de la RDC, signé le 15 novembre entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 au Qatar sous médiation qatarie.
Dans son allocution faite mardi 18 novembre, cet ancien candidat à la présidentielle de 2023 estime qu’aucun accord de prétendue intégration économique régionale ne peut être envisagé tant que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC sont bafouées.
Ainsi, il pense également que les discussions de Doha devaient se borner à la mise en œuvre intégrale et sans complaisance de la résolution 2767 des Nations Unies et à la définition des modalités du cessez-le-feu, et non à la signature d’un accord d’abdication qui mettrait en péril l’avenir de nos enfants.
« Notre nation est une fois de plus confrontée à une menace qui vise son existence même : son identité, sa dignité et son honneur. C’est pourquoi je prends la parole aujourd’hui pour rappeler avec la plus grande fermeté une vérité inaltérable : aucun accord de prétendue intégration économique régionale ne peut être envisagé tant que la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC sont bafouées (…). J’affirme haut et fort que l’accord-cadre signé le samedi 15 novembre 2025 à Doha ne saurait constituer la base d’un accord de paix durable. Les discussions de Doha devaient se borner à la mise en œuvre intégrale et sans complaisance de la résolution 2773 des Nations Unies et à la définition des modalités du cessez-le-feu, et non à la signature d’un accord d’abdication qui mettrait en péril l’avenir de nos enfants », a-t-il affirmé.
Martin Fayulu s’interroge également sur la façon dont on peut parler de coopération lorsque les forces rwandaise et ougandaise occupent nos terres, exploitent nos ressources et provoquent le déplacement, la mort et les souffrances de nos concitoyens.
« Notre nation ne peut pas être vendue ; notre souveraineté n’est pas négociable, et l’intégration régionale ne peut se faire entre États égaux, libres et respectueux des frontières. Aucune pression ne doit primer sur la sécurité du Congo », renchérit-il.
Il appelle Félix Tshisekedi et tous les Congolais à œuvrer pour la cohésion nationale. Cette cohésion, explique-t-il, passe par la convocation d’un dialogue national inclusif.
« M. Tshisekedi, au nom de notre peuple meurtri mais toujours debout, je vous invite à convoquer sans délai le dialogue national. Sinon, l’histoire vous tiendra responsable de la balkanisation du Congo avec Monsieur Kagame et Kabila. Aucun accord extérieur ne saurait précéder la réconciliation des enfants du Congo rassemblés pour proclamer d’une seule voix la cohésion nationale », a-t-il déclaré.
Bien qu’il ne comporte pas de clause contraignante, l’accord-cadre de Doha marque un engagement à poursuivre les discussions sur plusieurs protocoles essentiels et réaffirme la souveraineté de la RDC. L’accord prévoit un processus global de paix, fondé sur le dialogue et la fin des hostilités. Les deux parties réaffirment leur attachement à la Constitution, à l’intégrité territoriale et au respect du droit international humanitaire.
Au cœur du texte se trouve le rétablissement de l’autorité de l’État sur tout le territoire national, notamment dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23. Les prochaines discussions devront définir les étapes, le calendrier et les mécanismes de ce déploiement, en associant autorités locales, coutumières et institutions légales.