Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a déclaré lundi 1er décembre, lors d’une cérémonie présidée par la Première ministre, la fin de la 16ème épidémie de la maladie à virus Ebola (MVE) dans la zone de santé rurale de Bulape, au Kasaï.
Il a rappelé que cette épidémie a coûté plus de 1,2 milliard de dollars américains. La présence de la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa, à cette cérémonie souligne l’importance que le gouvernement accorde au système de santé en général, et aux différentes ripostes en particulier, face aux épidémies.
« Nous avons été informés le 1er septembre d’une éventuelle épidémie à virus Ebola parce que c’était une fièvre hémorragique. Nous avons envoyé les équipes sur place pour analyser, prélever les échantillons et les séquencer. En trois jours, nous avons déclaré la maladie ; cela résulte du fruit de l’expérience de plusieurs épidémies en RDC. Cette épidémie a coûté plus de 1,2 milliard de dollars américains. Aujourd’hui est un jour important pour le ministère de la Santé, car nous avons de bonnes nouvelles. Nous sommes là pour annoncer la fin d’une épidémie d’Ebola », a-t-il dit, précisant que l’annonce officielle a été faite depuis le 4 septembre.

De son avis, parmi les leçons apprises durant la riposte à cette épidémie d’Ebola, il y a d’abord le fait de placer les bonnes personnes aux bons postes, et ensuite la bonne coordination nationale de l’Institut national de santé publique (INSP) ainsi que le professeur Jean-Jacques Muyembe.
« Nous voulons rendre hommage au professeur Jean-Jacques Muyembe, car grâce à lui nous avons les statistiques du virus Ebola, nous avons les médicaments contre Ebola et nous avons des chercheurs, des professeurs capables de travailler », a-t-il ajouté, avant de saluer l’apport des partenaires techniques et financiers du gouvernement, notamment l’Organisation mondiale de la santé (OMS), CDC Africa, l’UNICEF et d’autres.
Néanmoins, le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP) s’est félicité de la réponse rapide face à la 16ème épidémie de la MVE.
« En six semaines, nous avons pu contrôler la maladie avec la sortie du deuxième cas confirmé en date du 19 octobre 2025. Au chapitre de la performance et de l’innovation, nous allons noter la force de la coordination qui, cette fois-ci, a mis en place un système rigoureux d’accréditation des partenaires, permettant l’alignement des interventions de tous les intervenants sur le terrain », a déclaré le Dr Dieudonné Mwamba, directeur général de l’INSP.
Les stratégies de vaccination ont permis de vacciner plus de 45 477 personnes, dont 26 % d’enfants de moins de 12 ans, 13 % de contacts, 4 % de femmes enceintes et 22 % de personnels de première ligne dans 10 zones de santé. Le Dr Mwamba a indiqué que cette coordination a permis le déploiement des équipes d’intervention rapide dans une approche « une seule santé », le déploiement d’un laboratoire mobile sur le terrain pour la biologie moléculaire, et l’usage en mode réponse de la vaccination ainsi que le déploiement de la molécule « Ebanga ».
Cette 16ème épidémie a connu 53 cas confirmés, 11 cas probables, 34 décès et 19 guérisons, répartis dans la zone de santé de Bulape. La maladie à virus Ebola reste une affection rare mais sévère, souvent mortelle. Très contagieuse, elle se transmet par contact direct avec le sang ou les fluides biologiques d’une personne malade ou décédée, ou à travers des surfaces contaminées.
Prince OKENDE