La République démocratique du Congo concentre l’essentiel de ses exportations minières vers un nombre limité de partenaires, dominés par la Chine, tandis que le cuivre s’impose comme la ressource largement prépondérante.
C’est ce que met en évidence une analyse publiée jeudi 30 avril par le Cabinet Target SARL, à partir des données du Comité technique de contrôle et de suivi des flux des produits miniers (CTCPM). L’étude couvre les exportations de cuivre, cobalt, or, étain, wolframite et tantale pour l’année 2025.
La Chine, débouché incontournable
La Chine s’impose comme le principal partenaire commercial de la RDC dans le secteur extractif, absorbant 62 % des exportations des principaux minerais, tant en volume qu’en valeur. Pour le seul cuivre — qui représente 89 % de la valeur totale des exportations minières — la Chine a importé plus de 3,09 millions de tonnes, pour une valeur de 23,87 milliards USD. Hong-Kong (8 %) et Singapour (5 %) complètent le podium des destinations, consolidant ainsi la prédominance asiatique dans l’absorption des ressources minérales congolaises.
L’Afrique du Sud arrive en deuxième position globale avec 11 % des exportations, portée notamment par ses achats d’or — 24 328 tonnes pour une valeur de 2,9 milliards USD — transitant en grande partie par le port de Durban, porte de sortie historique du Grand Katanga.
Les hubs financiers et logistiques en embuscade
Au-delà des grands consommateurs industriels, les Émirats Arabes Unis, l’Île Maurice et Singapour s’affirment comme des places financières et logistiques de premier plan pour les minerais congolais, en particulier pour l’or et les métaux dits « 3T » — tantale, étain, tungstène.
L’Île Maurice figure ainsi en tête des destinations pour l’étain (6 712 tonnes, soit 94,92 millions USD) et le tantale (426,75 tonnes, soit 6,17 millions USD), ce qui interroge sur la réalité de sa consommation industrielle et sur le rôle de transit que joue cette juridiction dans les chaînes de valeur minières.
L’Afrique australe, corridor de transit en recomposition
En Afrique australe, le Mozambique monte en puissance comme alternative logistique : il figure parmi les trois premiers destinataires du cobalt congolais, avec 6 376 tonnes absorbées pour une valeur de 52,35 millions USD. Les ports de Beira et de Maputo offrent désormais des débouchés concurrentiels au port de Durban pour l’acheminement des minerais vers les marchés asiatiques, dans un contexte de diversification progressive des corridors d’exportation.
Avec un total d’exportations minières avoisinant 39,95 milliards USD en 2025, la RDC confirme son statut de puissance minière mondiale. Toutefois, la concentration de 89 % de la valeur sur le seul cuivre et la dépendance à 62 % envers un unique partenaire commercial exposent le pays à des risques systémiques considérables en cas de retournement des cours ou de tensions géopolitiques.
Cette vulnérabilité structurelle renforce les arguments en faveur d’une diversification des partenaires commerciaux et d’une montée en gamme dans la transformation locale des minerais.
DosEco