Lors des travaux de la commission « Climat des affaires et fiscalité » des États généraux du secteur des Postes et Télécommunications, tenus le mardi 28 avril 2026, Laurent Batumona a plaidé avec conviction pour l’organisation d’une Table Ronde sur la fiscalité sectorielle.
L’ancien Directeur général des Impôts (DGI), intervenu comme paneliste devant une commission présidée par le ministre des Postes et Télécommunications et réunissant les directeurs des principales régies financières, plusieurs experts et cadres sectoriels, a estimé que cette concertation constituait le seul levier crédible pour résoudre les contradictions fiscales qui freinent le développement du secteur.
Un diagnostic sans équivoque : la superposition des taxes
Au cœur de l’intervention de Laurent Batumona, un constat partagé par les opérateurs économiques : la multiplicité et le chevauchement des impositions auxquelles sont soumis les acteurs du secteur des Postes et Télécommunications. La DGI, la DGRAD, la DGDA et l’ARPTC exercent des prérogatives fiscales qui se recoupent, générant des doubles voire des triples emplois préjudiciables au climat des affaires.
« Il faudrait un dialogue. Moi je pense, à mon humble avis, à une Table Ronde sur la fiscalité, où les secteurs de régulation, la FEC peuvent se retrouver face au gouvernement et les régies financières censées percevoir les différentes taxes et impôts, pour analyser et savoir quelles sont les compétences pour chaque structure de l’État », a-t-il déclaré.
Des recommandations à traduire en loi
Au-delà du diagnostic, Laurent Batumona a insisté sur la portée institutionnelle des travaux qu’il appelle de ses vœux. Les recommandations issues de cette Table Ronde devront, selon lui, être transmises à l’Assemblée nationale et au gouvernement afin qu’une nouvelle législation corrige les attributions des services de l’État et rationalise le régime de taxation applicable au secteur.
« Les recommandations qui seront formulées, de part et d’autre, notamment pour le secteur de l’État et des opérateurs économiques, devront être versées à l’Assemblée nationale et au gouvernement pour qu’une nouvelle loi corrige les structures de services de l’État et introduise ou mette au frigo les différentes taxations qui font le double ou les triples emplois », a-t-il précisé.
Un secteur stratégique qui réclame un soulagement
Rappelant l’importance des Postes et Télécommunications pour les recettes publiques, l’ancien directeur général a appelé à une réforme qui soulage les opérateurs sans pour autant compromettre les ressources du Trésor.
« Évidemment, le secteur des Postes et Télécommunications, porteur de ressources importantes pour le Trésor public, nécessite un soulagement par rapport aux tracasseries que les opérateurs ressentent », a-t-il souligné.
En endossant un rôle d’arbitre dans ce débat, Laurent Batumona a estimé que la Table Ronde qu’il préconise devrait permettre de mettre fin aux querelles persistantes entre assujettis et opérateurs économiques, et d’ouvrir un nouveau chapitre dans la gouvernance fiscale du secteur des Postes et Télécommunications en RDC.
Prince OKENDE