Les recettes publiques mobilisées par les régies financières de la République démocratique du Congo se sont établies à 1.784,6 milliards de francs congolais (CDF) au 23 avril 2026, selon la note de conjoncture économique de la Banque centrale du Congo (BCC) consultée ce jeudi 30 avril par DosEco.
Ce niveau de mobilisation, bien que significatif, reste inférieur aux dépenses publiques engagées sur la même période. Celles-ci ont atteint 2.180,2 milliards de CDF, soit un écart de près de 396 milliards de CDF, traduisant un déséquilibre de trésorerie à court terme.
L’analyse par régie met en évidence une contribution contrastée des principales administrations financières. La Direction générale des impôts (DGI) arrive en tête avec 817,7 milliards de CDF, représentant environ 46 % des recettes totales. Elle est suivie par la Direction générale des douanes et accises (DGDA), qui a mobilisé 495,2 milliards de CDF, tandis que la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) a généré 471,6 milliards de CDF.
Des dépenses rigides dominées par la masse salariale
Du côté des dépenses, les décaissements ont été principalement orientés vers les charges courantes. La masse salariale des agents et fonctionnaires de l’État s’est élevée à 1.087,7 milliards de CDF, soit près de la moitié des dépenses totales. Les frais financiers, quant à eux, ont représenté 13,3 milliards de CDF.
La prépondérance de ces postes, difficilement compressibles à court terme, met en évidence les contraintes structurelles qui pèsent sur les finances publiques et limitent les marges d’ajustement budgétaire.
Un déficit trimestriel inférieur aux prévisions
Le bilan des trois premiers mois de l’exercice 2026 apporte toutefois un éclairage plus nuancé. La situation financière de l’État s’est soldée par un déficit de 1.578,6 milliards de CDF, contre un déficit programmé de 3.288,3 milliards de CDF dans le plan de trésorerie.
Ainsi, le déficit effectivement enregistré représente moins de la moitié du niveau anticipé, suggérant une exécution budgétaire plus contenue que prévu sur la période. Sur le trimestre, les recettes cumulées ont atteint 5.631,4 milliards de CDF, pour des dépenses de 7.210 milliards de CDF.
La Banque centrale du Congo précise que le gap de trésorerie a été couvert par des ressources issues des titres publics et d’autres financements qualifiés de « sains ». Cette approche traduit un recours au marché intérieur de la dette, sans financement monétaire du déficit, en ligne avec les objectifs de stabilité macroéconomique.
Si cette stratégie permet de préserver les équilibres à court terme, elle pose néanmoins la question de la soutenabilité de la dette intérieure, dans un contexte de besoins de financement persistants.

Prince OKENDE