Les États-Unis sanctionnent Joseph Kabila, accusé de soutenir le M23 et de « semer l’instabilité » en RDC

L’Office of Foreign Assets Control (OFAC), agence du département du Trésor américain, a annoncé ce jeudi 30 avril, le placement de Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo (RDC) de 2001 à 2019, sur sa liste de personnalités sous sanctions économiques.

Washington justifie cette mesure par le rôle que jouerait l’ancien chef d’État dans la déstabilisation du gouvernement congolais, à travers son soutien présumé au Mouvement du 23 mars (M23) et à l’Alliance Fleuve Congo (AFC), son bras politique.

Un alignement avec le M23 documenté par l’OFAC

Selon le communiqué de l’OFAC, Joseph Kabila aurait « vécu sous la protection du M23 » l’an dernier à Goma, ville de l’est du pays tombée sous le contrôle du groupe armé, dont le Rwanda est le principal soutien selon Kinshasa et plusieurs rapports d’experts onusiens. L’administration Trump estime que l’ancien dirigeant cherche activement à fragiliser les institutions congolaises en appuyant cette rébellion.

Ces sanctions entraînent le gel de tout avoir éventuel de M. Kabila sur le territoire américain et prohibent toute transaction commerciale ou financière entre lui et des ressortissants ou entreprises des États-Unis.

La mesure intervient dans un contexte diplomatique sensible. Fin septembre dernier, la justice congolaise avait condamné Joseph Kabila à mort par contumace pour « complicité » avec le M23. Quelques semaines après ce verdict, Kinshasa et Kigali avaient signé à Washington un accord de paix encore fragile, sous l’égide de Donald Trump.

« Le président Trump œuvre en faveur de la paix en République démocratique du Congo et a clairement indiqué que ceux qui continuent de semer l’instabilité devront rendre des comptes », a déclaré Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, dont dépend l’OFAC, cité dans le communiqué officiel.

Kinshasa salue les sanctions

La réaction du gouvernement congolais ne s’est pas fait attendre. Contacté dans la foulée de l’annonce, le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, a affirmé que « Ce n’est qu’une conséquence logique, même si ça a traîné à venir. C’est Kabila l’instigateur, l’initiateur et le concepteur de la déstabilisation du Congo. »

Cette décision de Washington s’inscrit dans une tendance plus large de mobilisation internationale autour de la crise sécuritaire dans l’est de la RDC, où le M23, après avoir pris le contrôle de Goma et de Bukavu début 2025, reste implanté malgré les pourparlers en cours.

Prince OKENDE

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