En République démocratique du Congo (RDC), 28 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë, un niveau inédit pour le pays, en hausse de 2,5 millions de personnes en l’espace de trois mois.
Ces données ont été rendues publiques lundi 22 décembre par la directrice-pays par intérim du Programme alimentaire mondial (PAM), Cynthia Jones, lors d’un échange avec la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, consacré à la situation alimentaire et aux contraintes d’accès humanitaire dans les zones affectées par les conflits.
Selon la responsable du PAM, l’intensification des violences et la dégradation des moyens de subsistance continuent d’aggraver la vulnérabilité des ménages. Près de 4 millions de personnes sont aujourd’hui en situation d’urgence alimentaire, d’après la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).
La crise demeure particulièrement aiguë dans l’Est du pays. En Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, environ 10,3 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante et les déplacements massifs de populations.
La RDC fait par ailleurs face à l’une des plus importantes crises de déplacement au monde, avec près de 7,8 millions de personnes contraintes de quitter leur foyer. Nombre d’entre elles ont été déplacées à plusieurs reprises au fil d’un conflit de longue durée, désormais aggravé par des phénomènes climatiques extrêmes, notamment dans les provinces orientales.
À l’occasion de cette rencontre, Cynthia Jones a également fait ses adieux à la cheffe de la diplomatie congolaise, son mandat à la tête du PAM en RDC arrivant à échéance le 31 décembre 2025.
Prince OKENDE