Le gouvernement congolais a décidé de lever partiellement et sous conditions la suspension des activités minières et de commercialisation dans la filière du cuivre et du cobalt dans la province du Lualaba. L’annonce a été faite le lundi 5 janvier 2026 par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, à l’issue des conclusions préliminaires d’une commission de contrôle dépêchée sur le terrain.
La mesure de suspension, décrétée le 19 décembre 2025, visait à assainir un secteur jugé non conforme aux dispositions du Code et du Règlement miniers. Après plusieurs semaines de travaux menés en collaboration avec le gouvernorat du Lualaba, les services de sécurité, les coopératives minières et la société civile, la commission a relevé de nombreuses violations des textes en vigueur.
Face à ces constats, le ministère des Mines a opté pour une approche graduelle. Selon un communiqué officiel, la reprise des activités est autorisée de manière « partielle et momentanée », et concerne uniquement les sites de traitement implantés exclusivement dans la province du Lualaba.
S’agissant des minerais en provenance de la province voisine du Haut-Katanga, leur traitement devra être strictement encadré par les services provinciaux des mines, notamment le Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE).
Chaque entité de traitement concernée recevra une notification individuelle dans un délai de 72 heures. Ces notifications préciseront les mesures correctives à mettre en œuvre pour remédier aux manquements administratifs, techniques et de traçabilité, ainsi que les pénalités applicables en cas de non-conformité.
Le communiqué ministériel met également en exergue le cas de la société Lualu Resources. Selon les autorités, l’entreprise n’a présenté « aucun document probant attestant de la validité technique de ses opérations et de la traçabilité de sa production ». Elle est ainsi sommée de comparaître devant la commission à Lubumbashi dans un délai de trois jours, faute de quoi elle s’exposerait à des sanctions proportionnelles à la gravité des infractions constatées.
Pour le ministre Louis Watum Kabamba, cette démarche s’inscrit dans la volonté du gouvernement d’assainir la chaîne d’approvisionnement artisanale et de garantir le respect des principes de diligence raisonnable de l’OCDE. La levée définitive de la suspension demeure toutefois conditionnée à la régularisation effective de chaque opérateur, traduisant la détermination des autorités à renforcer la gouvernance d’un secteur stratégique pour l’économie congolaise.
Prince OKENDE