Les besoins de financement de la République démocratique du Congo pour la période 2026-2028 sont évalués à environ 9,5 milliards de dollars, selon la Direction générale de la dette publique (DGDP).
D’après le Document de la stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT) 2026-2028, publié par la DGDP, les besoins de financement de l’État atteindraient près de 2,9 milliards de dollars en 2026, soit environ 7.170,9 milliards de francs congolais.
La stratégie prévoit une certaine flexibilité dans la mise en œuvre des plans annuels de financement, afin de s’adapter à l’évolution de la situation économique et financière, tout en respectant les orientations fixées par la SDMT. Pour la première année, le financement extérieur proviendra essentiellement de sept conventions récemment signées mais encore partiellement décaissées. Les décaissements attendus en 2026 sont estimés à un peu plus d’un milliard de dollars, dont plus de 90% issus de bailleurs multilatéraux, notamment l’Association internationale de développement (IDA) à hauteur de 70% et le Fonds africain de développement (FAD) pour 16%.
Les financements bilatéraux semi-concessionnels représenteraient environ 7%, principalement en provenance de l’Exim Bank of China et de l’Exim Bank of India, précise la DGDP. De nouveaux accords de financement seront toutefois nécessaires pour combler le déficit de financement extérieur sur l’ensemble de la période 2026-2028. Soucieux de préserver la viabilité de la dette et de maintenir un risque modéré de surendettement, le gouvernement privilégiera des financements concessionnels, conformément aux engagements pris dans le cadre du programme avec le Fonds monétaire international (FMI).
La stratégie prévoit néanmoins une émission d’euro-obligations dès 2026, pour un montant de 1,5 milliard de dollars, afin de compléter les ressources concessionnelles.
Sur le plan intérieur, le marché des titres publics, mis en place en 2019, restera la principale source de financement. Les émissions de bons et obligations du Trésor se poursuivront, avec un allongement progressif des maturités des obligations, jusqu’à cinq ans en 2028, et un retour aux titres à rendement nominal dans le cadre de la dédollarisation de l’économie.
Sur le volet de la structure de la dette, l’État ambitionne de réduire le risque de change en diminuant la part de la dette extérieure. La proportion de la dette libellée en devises étrangères passerait ainsi de 98,8% en 2025 à 97,3% en 2028. La stratégie retenue vise également à allonger la maturité de la dette intérieure et à réduire le coût global de l’endettement. Le taux moyen pondéré de la dette est estimé à 2,3% à la fin de la période, avec une part croissante des financements concessionnels, qui devrait atteindre près de 90% en 2028.
Cette orientation s’inscrit dans le cadre du programme économique du gouvernement soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI, et inclut le recours aux marchés internationaux en 2026 pour financer les infrastructures et renforcer la connectivité nationale.
Dostin Eugène LUANGE