Le relèvement de la perspective souveraine de la République démocratique du Congo par S&P Global Ratings suscite moult réactions favorables au sein de la classe politique, surtout auprès de ceux qui s’intéressent aux questions des finances publiques. Le député national Éric Tshikuma Mwimbayi, membre de la commission Economique, financière et contrôle budgétaire (Ecofin) de l’Assemblée nationale, y voit un signal fort de crédibilité économique, fruit des réformes engagées par les autorités congolaises.
En effet, dans une décision rendue publique le vendredi 23 janvier 2026, l’agence de notation a relevé la perspective de la RDC de « stable » à « positive », tout en confirmant les notations souveraines « B- » à long terme et « B » à court terme en monnaie locale. S&P Global met en relief les progrès enregistrés en matière de gestion budgétaire, de consolidation des réserves de change et de réformes fiscales, dans un contexte sécuritaire toujours marqué par des tensions persistantes dans l’Est du pays.
Réagissant à cette annonce, Éric Tshikuma Mwimbayi pense que cette évolution traduit une reconnaissance internationale des efforts de redressement macroéconomique conduits par le gouvernement de Judith Suminwa.
« Avec une notation de B-/B et la préparation de la première émission d’euro-obligations sur le marché international, notre pays est sur la voie de l’attractivité financière, permettant à ses ressources naturelles de servir de levier pour un avenir prospère », a-t-il déclaré via son compte X.
Cet expert des questions économiques et financières souligne toutefois que cette trajectoire demeure exposée à des risques majeurs, notamment ceux liés à l’instabilité sécuritaire dans l’Est de la RDC.
« L’impact négatif de l’agression rwandaise et de ses supplétifs M23/AFC sur l’économie nationale constitue un risque déterminant qui pourrait entraver la voie vers une croissance durable et inclusive, au détriment de notre peuple », prévient-il, appelant à « tout mettre en œuvre pour stopper l’aventure de cette coalition criminelle ».
Dans ce contexte, Éric Tshikuma exhorte l’exécutif à maintenir le cap des réformes, en particulier dans la perspective de l’accès prochain du pays aux marchés internationaux de capitaux.
La RDC prévoit en effet de lever environ 750 millions de dollars en avril prochain, à travers sa première émission d’eurobond, destinée au financement de projets structurants d’infrastructures.
« J’encourage le gouvernement, à travers le ministère des Finances, la Banque centrale du Congo et l’ensemble des ministères réformateurs, à poursuivre la conjugaison des efforts visant à préserver la stabilité macroéconomique, à diversifier l’économie et à capitaliser sur nos atouts », a-t-il ajouté.
De l’avis des experts, le maintien de la note « B- » assortie d’une perspective positive constitue un signal jugé favorable par les investisseurs, susceptible de renforcer l’intérêt du marché pour cette opération inaugurale et, plus largement, d’améliorer la perception du risque souverain de la RDC.
Dostin Eugène LUANGE