Métaux critiques : la RDC dans le viseur de TechMet, un fonds soutenu par les États-Unis

TechMet, véhicule spécialisé dans les projets miniers stratégiques et soutenu par les États-Unis, reste ouvert à de nouvelles opportunités d’investissement, y compris dans un pays comme la République démocratique du Congo (RDC), même si sa priorité actuelle consiste à faire progresser ses actifs existants. C’est ce qu’a indiqué cette semaine son directeur général Brian Menell, dans une interview accordée à Reuters en marge de l’édition 2026 de l’Investing in African Mining Indaba, grand rendez-vous annuel du secteur minier africain organisé en Afrique du Sud.

« Nous sommes bien sûr ouverts à la RDC. C’est un pays très important et, à un moment donné, nous souhaitons y avoir une implication significative. Le moment venu, nous verrons », a déclaré le DG, précisant qu’il ne s’agit de « rien d’immédiat ».

En quête de nouveaux capitaux

Valorisé aujourd’hui à plus d’un milliard de dollars, TechMet est un fonds mis sur pied pour investir sur l’ensemble de la chaîne de valeur des minéraux critiques. Il possède des intérêts dans plusieurs compagnies minières, dont certaines se trouvent en Afrique.

C’est le cas par exemple de Rainbow Rare Earths, propriétaire de la mine de terres rares de Gakara (Burundi) mais aussi d’un projet en Afrique du Sud. TechMet est également actionnaire majoritaire de la société Trinity Metals, qui compte à son actif des mines d’étain et de tungstène au Rwanda.

L’intérêt pour la RDC intervient alors que le fonds a annoncé vouloir lever jusqu’à 200 millions de dollars supplémentaires pour poursuivre ses activités sur les minéraux critiques. L’an dernier, il avait engagé un tour de table qui lui a permis de réunir environ 300 millions de dollars, dont 180 millions apportés par le Qatar Investment Authority.

Les principaux actionnaires de TechMet comprennent l’International Development Finance Corporation (DFC), l’agence de financement du développement du gouvernement américain, ainsi que des investisseurs privés comme Mercuria, S2G Investments ou encore Lansdowne Partners.

Un sous-sol congolais qui attise les convoitises

Si la sortie du directeur général de TechMet ne représente qu’une déclaration d’intention, et qu’aucun projet précis n’a encore été annoncé à ce stade, la mention de la RDC montre la place centrale que continue d’occuper Kinshasa dans les discussions liées aux minéraux critiques.

Cette attractivité repose en partie sur le potentiel minéral du pays, qui figure parmi les mieux dotés au monde en ressources indispensables à la transition énergétique et aux technologies industrielles. La RDC est d’ailleurs le deuxième producteur mondial de cuivre et premier producteur de cobalt.

Avant Brian Menell, d’autres acteurs occidentaux avaient déjà vanté cet attrait ces dernières années. En 2023, la start-up américaine KoBold Metals, soutenue entre autres par les milliardaires Bill Gates et Jeff Bezos, décrivait la RDC comme « probablement le meilleur endroit au monde » pour certains des matériaux stratégiques qu’elle recherche dans le cadre de la transition énergétique, évoquant des ressources capables d’alimenter des dizaines de millions de véhicules électriques.

Si la Chine conserve une importante avance dans le secteur minier congolais, contrôlant plusieurs actifs majeurs dans le cuivre et le cobalt, un rapprochement progressif avec les États-Unis s’opère depuis quelques mois. Parmi les récents développements, Kinshasa a annoncé début janvier 2026 la mise à disposition d’une liste de projets miniers stratégiques susceptibles d’intéresser des investisseurs américains, dans le cadre d’une coopération renforcée avec Washington.

Cette initiative intervient un peu plus d’un mois après la signature en décembre dernier d’un partenariat stratégique entre les deux pays. L’accord prévoit notamment la possibilité pour des investisseurs américains d’accéder à une sélection de projets considérés comme prioritaires.

Le ministre congolais des Mines, Louis Watum, a toutefois précisé que ces discussions relèveraient d’un cadre commercial classique, sans octroi automatique de conditions préférentielles. Pour Kinshasa, l’enjeu est désormais de convertir l’attractivité et l’intérêt renouvelé des investisseurs occidentaux en investissements concrets et en retombées tangibles pour l’économie nationale.

AE

Partager cet article

Dans la même catégorie

RDC : le gouvernement prévoit d’envoyer 43 000 enseignants à la retraite à partir de 2026

Le gouvernement congolais prévoit de mettre progressivement à la retraite 43 000 enseignants à partir de 2026, avec une poursuite de l'opération en 2027...

RDC : le Bureau des affaires africaines du Département d’État américain étudie des pistes d’investissement dans les transports

Le Vice-Premier ministre, ministre des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba, a accordé, mardi 28 avril, une audience à une délégation du...

RDC : Judith Suminwa ouvre le chantier du financement durable de la gratuité scolaire à l’horizon 2030

La Première ministre, Judith Suminwa, a présidé, mardi 28 avril, le lancement du segment politique de haut niveau dédié au financement durable de l'éducation,...

RDC : sous pression américaine, l’IGM rétropédale sur le financement de la Garde minière

L'Inspection générale des mines (IGM) de la République démocratique du Congo a publié ce mardi 28 avril un communiqué qui marque un net revirement...

RDC : l’ARSP annonce l’extension de ses contrôles de la sous-traitance à Kinshasa et au Lualaba dès la semaine prochaine

Le directeur général de l'Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Miguel Kashal, a annoncé, lundi 27 avril à Kinshasa,...

RDC : Félix Tshisekedi fixe six priorités pour transformer les télécommunications en levier de croissance économique

Le Chef de l'État Félix Tshisekedi a officiellement ouvert, lundi 27 avril à Kinshasa, les états généraux des postes et télécommunications, organisés sous le...

RDC : Air Congo annonce une liaison Kinshasa-Bruxelles en juillet 2026 et renforce son réseau intérieur

La compagnie d’aviation Air Congo annonce l’ouverture d’une liaison directe entre Kinshasa et Bruxelles au mois de juillet 2026. L’annonce a été faite lundi...

Parus récemment

Articles populaires