Au forum Mining Indaba 2026 tenu au Cap, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a défendu la stratégie du gouvernement qui vise à augmenter la transformation locale des ressources minières. Cette orientation est présentée comme un levier clé de création de valeur dans un pays qui demeure l’un des principaux fournisseurs mondiaux de cobalt et un acteur majeur du cuivre.
Lors d’un « DRC Breakfast » organisé mercredi 11 février en marge de l’événement sous le thème « Chaînes de valeur mondiales : l’argument économique en faveur des investissements en amont et en aval en RDC », le ministre Louis Watum a rappelé la volonté des autorités de faire évoluer le modèle économique national, historiquement centré sur l’exportation de matières premières brutes.
Ce membre du gouvernement a notamment mis en évidence l’ambition de positionner la RDC comme un pôle industriel stratégique dans les chaînes de valeur des batteries et des minerais critiques, en lien avec la transition énergétique mondiale. En effet, le gouvernement entend également encourager les investissements dans la transformation locale, renforcer l’intégration de l’exploitation artisanale dans des circuits formels et améliorer la gouvernance du secteur.
Le ministre des mines a martelé sur plusieurs axes dont la consolidation de la sécurité juridique, l’alignement sur les standards ESG internationaux, la lutte contre la fraude et les flux illicites, ainsi que l’amélioration de la transparence et de la prévisibilité du cadre réglementaire.

Un discours récurrent face à des contraintes structurelles
Si ces annonces s’inscrivent dans une continuité politique observée ces dernières années, leur mise en œuvre reste confrontée à des défis structurels. Le déficit en infrastructures énergétiques, les coûts logistiques élevés, la dépendance aux exportations de concentrés et les incertitudes réglementaires figurent parmi les principaux freins régulièrement évoqués par les investisseurs.
Nonobstant certaines avancées — notamment des initiatives dans la chaîne de valeur des batteries et des discussions sur la transformation locale — la part effectivement transformée sur le territoire demeure limitée par rapport aux volumes extraits. Plusieurs projets industriels annoncés ont connu des retards ou évoluent plus lentement que prévu.
Dans un contexte de concurrence accrue entre juridictions minières, la RDC cherche à concilier attractivité des capitaux étrangers et exigence de retombées locales plus importantes. L’équilibre entre incitations fiscales, stabilité réglementaire et obligations de transformation constitue un enjeu central pour les autorités.
La participation de la délégation congolaise au Mining Indaba intervient alors que le pays tente de renforcer son image auprès des investisseurs internationaux, tout en répondant aux attentes internes en matière d’emplois, d’industrialisation et de captation de revenus.
Si le gouvernement réaffirme que « la RDC est prête », la concrétisation de cette ambition dépendra largement de la capacité à lever les contraintes opérationnelles et à instaurer un climat de confiance durable avec les acteurs du secteur.
Célestin KAZADI