Le gouvernement congolais, par l’entremise du ministre des finances a présenté, mercredi 25 février, l’état d’avancement de ses réformes économiques et financières lors d’une réunion stratégique de la Troïka politique tenue avec la mission technique du Fonds monétaire international.
La séance, présidée par le ministre Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, s’est déroulée avec la délégation du Fonds monétaire international conduite par Calixte Ahokpossi, par devers de René Tapsoba, représentant résident de l’institution en RDC.
Selon un communiqué du ministère des Finances, les échanges ont porté sur la mise en œuvre du mémorandum sur les politiques économiques et financières (MPEF). Parmi les avancées mises en avant figurent l’opérationnalisation de la facture normalisée de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), la modernisation des régies financières – notamment la Direction générale des impôts (DGI) et la Direction générale des douanes et accises (DGDA) – ainsi que la mise en place de la Commission nationale de médiation fiscale.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des travaux préparatoires de la troisième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC), avec un accent particulier sur la collecte et la consolidation des données relatives aux repères structurels.
Les discussions ont également abordé l’exécution budgétaire à fin décembre 2025. Malgré la pression des dépenses sécuritaires dans l’Est du pays, le gouvernement affirme avoir préservé les équilibres macroéconomiques. Le ministre des Finances a, à cet égard, évoqué deux leviers stratégiques : l’émission d’un eurobond destiné au financement de projets structurants et l’intégration des ressources issues de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD).

L’argentier national a souligné la résilience de l’économie congolaise et le maintien des grands équilibres, en dépit des contraintes sécuritaires et du poids de la masse salariale sur le budget de l’État. Dans cette dynamique, des mesures correctives ont été engagées, dont l’audit des états liquidatifs sous la supervision des services compétents, notamment l’Inspection générale des finances (IGF), conformément aux orientations du Chef de l’État.
À l’ouverture des travaux, le ministre a remercié le FMI pour son accompagnement dans la mise en œuvre des réformes économiques, réaffirmant l’engagement du gouvernement à honorer ses obligations vis-à-vis des institutions de Bretton Woods.
De son côté, l’équipe du FMI a salué la mise en œuvre effective de la réforme de la déconcentration de l’ordonnancement ainsi que l’opérationnalisation de la Direction générale du Trésor et de la comptabilité publique (DGTCP), une réforme attendue depuis quatorze ans.
La mission technique du FMI séjourne à Kinshasa du 25 février au 4 mars 2026. Plusieurs séances de travail sont prévues avec les entités étatiques concernées afin d’évaluer les repères structurels, consolider les données techniques et préparer la troisième revue du programme.
« Les discussions se poursuivront au niveau technique pour affiner les données. Les signaux sont au vert pour préparer sereinement la troisième revue du programme », a conclu Félicien Mulenda, coordonnateur du Comité technique de suivi et d’évaluation des réformes (CTR).
Prince OKENDE