La coalition « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV) a salué l’annonce faite par l’Agence de pilotage, de coordination et de suivi des conventions de collaboration (APCSC) relative au lancement d’un audit technique et financier approfondi de la convention sino-congolaise Sicomines, souvent qualifiée de « contrat du siècle ».
Cette initiative inclut également la certification intégrale des ressources minières allouées au projet, une démarche que la coalition affirme avoir toujours recommandée. Elle appelle toutefois la justice à établir les responsabilités éventuelles.
Dans un communiqué consulté par DosEco, cette plateforme d’organisations de la société civile congolaise engagées dans la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance des ressources naturelles estime que l’ouverture de cet audit constitue une avancée vers l’établissement de la vérité sur ce partenariat.
« Nous saluons le fait que l’audit envisagé semble vouloir couvrir toutes les dimensions critiques : minières, énergétiques, infrastructurelles, financières, fiscales et contractuelles. Cette démarche rejoint nos demandes de longue date adressées aux parties prenantes pour une évaluation rigoureuse et indépendante du projet », indique la coalition.
Le CNPAV rappelle toutefois qu’un audit n’a de sens que s’il aboutit à l’établissement de responsabilités.
« Nous réitérons notre demande que les résultats de l’audit débouchent sur des enquêtes judiciaires sérieuses contre les acteurs présumés responsables de détournements et d’actes de corruption. L’opacité et les risques de corruption ayant entouré la négociation de la convention, le financement des infrastructures, l’acquisition des licences ainsi que le développement du barrage de Busanga doivent également être examinés. Cela inclut notamment le paiement de 22,5 millions USD de jetons de présence aux membres de la précédente commission de renégociation », soutient la coalition.
Par ailleurs, le CNPAV se dit disposé à participer activement aux prochaines rencontres prévues par l’APCSC avec les organisations de la société civile afin d’approfondir ce processus.
À cette occasion, la coalition prévoit de soumettre ses analyses détaillées portant notamment sur :
•le projet minier Sicomines ;
•le développement des infrastructures prévues dans le cadre de la convention ;
•le projet hydroélectrique de Busanga ;
ainsi que l’avenant n°5 à la convention.
Le CNPAV insiste également sur la nécessité que cet audit s’appuie sur des standards internationaux reconnus en matière de transparence dans la gouvernance des ressources naturelles, notamment ceux promus par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).
« La coalition insiste sur la nécessité de rendre publics les résultats de cet audit afin de permettre un contrôle citoyen effectif et d’éclairer le débat national sur la gestion des ressources minières en République démocratique du Congo.
Une telle démarche contribuerait à restaurer la confiance entre les institutions publiques et les citoyens, tout en garantissant que les retombées économiques du partenariat autour du projet Sicomines profitent réellement au développement du pays et au bien-être de la population », conclut la source.
Luinyx