Le président de la République, Félix Tshisekedi, a instruit le gouvernement congolais à adopter une série de mesures préventives afin de limiter les répercussions de la crise géopolitique au Moyen-Orient sur l’économie nationale. Les orientations ont été données lors de la 82ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue vendredi 14 mars à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa.
Selon le compte rendu présenté par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le chef de l’État a insisté sur la nécessité pour l’exécutif d’adopter une approche anticipative et coordonnée face aux effets potentiels des tensions internationales sur les marchés énergétiques et financiers.
Dans sa communication, Félix Tshisekedi a laissé entendre que l’évolution récente de la situation géopolitique mondiale, marquée notamment par les tensions opposant une coalition israélo-américaine à l’Iran, commence déjà à produire des effets sur l’économie internationale.
« Ces développements pourraient entraîner des répercussions indirectes sur l’économie de notre pays, notamment à travers la hausse des prix de l’énergie, une inflation importée, des incertitudes sur les exportations minières ainsi que des pressions possibles sur les finances publiques et les marchés d’échanges », indique le compte rendu du Conseil des ministres.
Bien que l’économie congolaise demeure « globalement résiliente », le chef de l’État a appelé le gouvernement à faire preuve de vigilance, de cohésion et de réactivité afin de préserver la stabilité macroéconomique et protéger le pouvoir d’achat des populations.
Dans cette perspective, plusieurs membres de l’exécutif dont le ministre du Budget, de l’Économie et des Finances ont été chargés de mettre en œuvre des mesures spécifiques destinées à renforcer la capacité de résilience de l’économie nationale.
Le président de la République a notamment demandé au gouvernement de garantir la continuité de l’approvisionnement du pays en carburant et d’examiner les possibilités de renforcement des stocks stratégiques nationaux. Cette mission devra être conduite sous la coordination de la ministre d’État en charge des Hydrocarbures, Acacia Bandubola, en collaboration avec le vice-Premier ministre chargé de l’Économie nationale, le ministre du Budget et celui des Finances.
L’exécutif devra également organiser une concertation avec les opérateurs miniers afin d’évaluer l’impact de la hausse des coûts énergétiques sur les activités du secteur, pilier des exportations de la RDC.
Par ailleurs, le chef de l’État a chargé le ministre du Budget de préparer des scénarios budgétaires actualisés pour l’exercice 2026, intégrant différentes hypothèses liées à l’évolution de la conjoncture internationale.

Le gouvernement devra en outre assurer une coordination étroite avec la Banque centrale du Congo afin de préserver la stabilité du taux de change et, le cas échéant, prendre les mesures nécessaires pour une gestion optimale des réserves de change.
Enfin, la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a été chargée d’assurer la consolidation et la coordination de la mise en œuvre de ces orientations présidentielles. Elle devra également présenter au chef de l’État un rapport d’exécution tous les quinze jours.
Ces instructions interviennent dans un contexte de fortes incertitudes sur les marchés internationaux de l’énergie, alimentées par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, dont les effets pourraient se répercuter sur les économies importatrices de produits pétroliers comme la RDC.
Murphy Fika