Le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, s’est à nouveau plaint de la multiplication des Fonds, Cellules, Commissions et autres structures publiques créés au sein de l’appareil étatique, appelant les membres du gouvernement à davantage de discipline dans la gestion des ressources publiques.
Lors de la récente réunion du Conseil des ministres tenue Vendredi 13 mars 2026, rapporte le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, le chef de l’État a constaté une tendance croissante à la création de nouvelles structures publiques, souvent à l’initiative de différents ministères.
Si certaines de ces entités peuvent répondre à des besoins spécifiques de mise en œuvre des politiques publiques, leur multiplication non encadrée exerce néanmoins une pression croissante sur les ressources du Trésor public, souligne le compte rendu de la réunion.
« Si certaines de ces structures peuvent répondre à des besoins spécifiques de mise en œuvre des politiques publiques, il n’en demeure pas moins que leur multiplication non encadrée exerce un effet de pression et d’éviction des ressources du Trésor public », précise le compte rendu du conseil des ministres.
Face à cette dynamique, le chef de l’État a instruit que toute création de Fonds, d’établissement public, de Cellule ou de toute autre structure publique soit dorénavant strictement encadrée afin d’en évaluer la pertinence stratégique, l’opportunité réelle et la soutenabilité financière.
Chaque nouvelle entité, a-t-il rappelé, entraîne inévitablement des charges supplémentaires liées aux frais d’installation, de fonctionnement ainsi qu’à la rémunération du personnel, une dynamique jugée peu compatible avec l’exigence actuelle de rationalisation des dépenses publiques.
Dans cette perspective, tout projet de création devra désormais obtenir l’aval préalable de la Première ministre, Judith Suminwa, qui sera chargée d’en apprécier la nécessité, la valeur ajoutée institutionnelle et l’impact budgétaire avant de le soumettre à l’arbitrage final du président de la République.
Par ailleurs, la cheffe du gouvernement a été instruite de procéder à une évaluation globale des Fonds, Cellules, Commissions et autres structures actuellement placés sous la tutelle des ministères.
Cet exercice devra permettre d’identifier les entités dont l’utilité est avérée dans la mise en œuvre des politiques publiques, celles dont la pertinence demeure limitée ou dont les missions peuvent être assumées par des structures déjà existantes, ainsi que les cas de chevauchement de compétences ou de duplication institutionnelle.
Sur cette base, le gouvernement devra envisager, le cas échéant, la suppression, la fusion ou la rationalisation des structures qui ne présentent pas d’utilité avérée ou qui font double emploi dans l’architecture administrative de l’État.
Pour le chef de l’État, la rationalisation des dépenses publiques constitue un levier immédiat et indispensable pour préserver les équilibres macroéconomiques du pays. Elle suppose notamment une allocation plus efficiente des ressources publiques, fondée sur l’élimination des dépenses non prioritaires et sur un renforcement de la discipline dans l’organisation de l’action publique.
Cette préoccupation avait déjà été exprimée lors de la 79ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le 20 février, au cours de laquelle le président de la République avait également dénoncé les pressions croissantes exercées sur la trésorerie de l’État par l’augmentation de la masse salariale.
Selon les informations communiquées, cette situation résulte notamment de l’engagement de nouvelles unités dans la fonction publique sans maîtrise suffisante des effectifs ni mécanismes de vérification adéquats.
Ces déséquilibres fragilisent la trésorerie publique et exposent le système de paie à des tensions susceptibles d’affecter la stabilité sociale. L’audit annoncé devra ainsi permettre d’identifier les écarts entre les effectifs budgétaires et les effectifs effectivement rémunérés, tout en renforçant la fiabilité des mécanismes de liquidation.
Le chef de l’État a martelé qu’il ne s’agit « ni d’une mesure isolée ni d’une réaction conjoncturelle », mais de la continuité d’une orientation constante en faveur de l’assainissement et de la discipline budgétaire, une ligne déjà défendue lors de la 42ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le 2 mai 2025.
Prince OKENDE