La justice belge a annoncé, mardi 17 mars, le renvoi devant le tribunal correctionnel de Bruxelles d’Etienne Davignon, dernier suspect encore en vie dans le dossier de l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, survenu le 17 janvier 1961.
Selon la RTBF, cette décision marque une avancée judiciaire majeure, 67 ans après la disparition du premier Premier ministre de la République démocratique du Congo post-indépendance. Elle ouvre la voie à un procès attendu de longue date par la famille Lumumba et les autorités congolaises.
Âgé de 93 ans, Etienne Davignon, ancien diplomate et figure du monde des affaires belge, est soupçonné d’avoir été impliqué dans les processus décisionnels ayant conduit à l’élimination du dirigeant congolais. La justice belge retient à son encontre trois chefs d’accusation, dont des crimes de guerre.
Avec ce renvoi, l’ancien diplomate pourrait désormais répondre de sa responsabilité pénale devant les juges, dans un dossier emblématique des relations postcoloniales entre la Belgique et la RDC.
La décision de la chambre du conseil du tribunal correctionnel de Bruxelles est perçue comme un tournant par la famille Lumumba, qui y voit l’opportunité d’un débat judiciaire sur les circonstances de cet assassinat, resté au cœur de la mémoire collective congolaise.
Lors d’une audience tenue en janvier dernier à Bruxelles, les proches de Patrice Lumumba avaient réaffirmé leur attente de « vérité et justice » dans ce dossier.
La procédure judiciaire avait été initiée en juin 2011, à la suite d’une plainte déposée par la famille Lumumba. Celle-ci visait à établir les responsabilités de plusieurs responsables belges, dont des fonctionnaires, policiers et agents des services de renseignement, soupçonnés d’implication dans l’assassinat du leader congolais.
Murphy Fika