Les activités de transport en commun ont repris timidement ce mardi dans la capitale congolaise, au lendemain d’une journée de grève observée par les chauffeurs de taxis et de taxi-bus, majoritairement identifiés par leur couleur jaune. Le mouvement de grève, déclenché lundi, visait à protester contre ce que les conducteurs qualifient de « tracasseries routières » dans le cadre de l’opération de régulation du trafic et de contrôle des permis de conduire menée par les autorités provinciales.
Selon des sources concordantes, la reprise partielle du trafic fait suite à un accord conclu en fin de journée entre le gouvernement provincial de Kinshasa, représenté par le ministre des Transports, Jésus-Noël Sheke, et les associations de chauffeurs.
Des mesures d’apaisement convenues
Les discussions ont abouti à une série de mesures destinées à désamorcer les tensions dans le secteur du transport urbain. Parmi les principales revendications satisfaites figurent notamment :
- l’instauration d’un moratoire sur le contrôle de l’état des véhicules ;
- l’interdiction de l’usage abusif des « Mbasu » sur la chaussée ;
- la limitation des interventions jugées excessives de certains services étatiques provinciaux sur la voie publique.
Les représentants des chauffeurs ont également dénoncé la multiplicité des contrôles et des services impliqués, source, selon eux, de dysfonctionnements et de pressions sur les conducteurs. En réponse, les autorités urbaines se sont engagées à publier une circulaire visant à clarifier les rôles et responsabilités des différents services intervenant dans la régulation du trafic routier. Malgré cet accord, les associations de chauffeurs préviennent qu’un nouveau mouvement de grève pourrait être déclenché en cas de non-respect des engagements pris.
Des usagers soulagés, mais vigilants
Sur le terrain, plusieurs habitants de Kinshasa expriment un soulagement face à la reprise du trafic, après une journée marquée par de fortes perturbations. Toutefois, certains usagers dénoncent une hausse des tarifs de transport observée ce mardi, avec des prix de course variant entre 1 000 et 2 500 francs congolais selon les trajets, en dépit du retour progressif à la normale.
Murphy Fika