La République démocratique du Congo s’impose comme le principal bénéficiaire du programme PanAfGeo, une initiative continentale de l’Union européenne (UE) dotée d’une enveloppe globale de 45,5 millions d’euros. Le lancement officiel du projet s’est tenu mardi 17 mars à Kinshasa, en présence des représentants des deux parties.
Avec une allocation de 17,8 millions d’euros, Kinshasa devance largement les autres pays participants. À titre de comparaison, l’Afrique du Sud, deuxième bénéficiaire du programme, ne reçoit que 3,8 millions d’euros. « La RDC est de très loin le premier pays vitrine », a confirmé Jean-Claude Guillaneau, coordonnateur du projet, qui souligne l’accent stratégique placé sur le pays dans le cadre de ce dispositif à dimension panafricaine.
PanAfGeo s’appuie sur trois composantes distinctes. La première vise à consolider le partenariat institutionnel entre les services géologiques européens et africains. La deuxième, à vocation historique, est consacrée à la formation : elle a déjà permis de qualifier 1 773 experts africains dans différentes spécialités des géosciences. La troisième composante, nouvellement introduite, cible les investissements dans les métaux critiques, en couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur — de l’extraction à la transformation —, y compris le secteur artisanal, pourvoyeur de milliers d’emplois en RDC et sur le continent.
Par ailleurs, une enveloppe de 6 millions d’euros est spécifiquement réservée à la digitalisation du Musée royal de l’Afrique centrale, à laquelle s’ajoutera un financement complémentaire mobilisé en partenariat avec la Belgique pour la numérisation des archives géologiques conservées à Tervuren.

Cartographier des opportunités, pas seulement des minerais
Au-delà de l’inventaire des ressources du sous-sol, l’UE entend faire de PanAfGeo un levier de structuration des investissements miniers en Afrique. « Il ne s’agit pas seulement de cartographier les minerais, mais de cartographier des opportunités », a déclaré Fabrice Basile, chargé d’affaires de l’UE en RDC.
Le diplomate européen a rappelé que le projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie Global Gateway, l’initiative de connectivité internationale de l’UE, et que les « fenêtres nationales » ouvertes en RDC, en Namibie et en Afrique du Sud serviront de projets pilotes pour approfondir la coopération entre l’Europe et l’Afrique sur les ressources critiques.
Les matières premières critiques au cœur des enjeux
Cobalt, cuivre, lithium : la RDC concentre une part significative des réserves mondiales de métaux indispensables à la transition énergétique et numérique. Pour l’UE, l’enjeu est de s’assurer que leur valorisation profite effectivement aux populations locales, dans un contexte de compétition internationale accrue pour l’accès à ces ressources stratégiques.
À cet effet, PanAfGeo intègre des mécanismes de diligence raisonnable, des approches sensibles au genre et un volet d’engagement de la société civile, des conditions posées comme préalables à une exploitation perçue comme équitable et responsable.

Fabrice Basile a conclu en indiquant que les prochaines étapes du programme seront consacrées au développement de pipelines de projets, au renforcement des mécanismes de facilitation des investissements et à la consolidation des partenariats, avec pour objectif de « transformer le potentiel géologique en développement tangible ».
Prince OKENDE