L’opérateur de tours télécoms Helios Towers a annoncé, mardi 31 mars, un programme d’expansion de la couverture de son réseau en République démocratique du Congo (RDC). D’un coût estimé à environ 100 millions de dollars, cette initiative vise à renforcer l’accès aux services de télécommunications, notamment dans les zones mal desservies.
Le programme est accompagné par l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), avec laquelle Helios Towers RDC a signé un accord. L’agence indique soutenir les investissements dans le pays à travers un dispositif intégré couvrant toutes les phases des projets, de leur conception à leur mise en œuvre.
Selon le communiqué de l’ANAPI, le programme d’expansion de Helios Towers couvrira 23 provinces dont : Kinshasa, le Haut-Katanga, le Kongo Central, le Maniema, l’Ituri, le Kasaï Central, le Kasaï Oriental, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Lualaba, le Tanganyika, l’Équateur, le Haut-Uélé et le Kasaï.
Amélioration de la couverture et de l’adoption des services
Cette initiative intervient dans un contexte où les autorités cherchent à accélérer la couverture et l’adoption des services télécoms, dans le cadre de leurs ambitions de transformation numérique. Les réseaux 2G, 3G et 4G couvraient respectivement 75 %, 55 % et 45 % de la population congolaise en 2024, selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). L’organisation estimait le taux de pénétration de la téléphonie mobile à 44,3 %, contre 19,7 % pour Internet.
S’il n’a pas donné de détail sur le programme d’investissement, le modèle d’Helios Towers repose sur la construction, l’acquisition et l’exploitation de tours télécoms mutualisées pouvant accueillir plusieurs opérateurs. L’entreprise fournit une offre complète d’infrastructures passives et d’énergie, incluant l’acquisition et la construction de sites, la maintenance, la sécurité, ainsi que la gestion énergétique et des espaces dédiés aux équipements des clients.
« Notre modèle de partage d’infrastructures permet aux opérateurs mobiles d’étendre et de densifier leurs réseaux plus rapidement et à moindre coût, tout en réduisant les émissions, contribuant ainsi à accélérer l’inclusion numérique pour des millions de personnes », indique Helios Towers sur son site Web.
Techniquement, l’extension du réseau peut favoriser une meilleure adoption des services télécoms en améliorant à la fois la disponibilité et la qualité de la connectivité. En élargissant la couverture vers les zones rurales et mal desservies, elle permet à de nouvelles populations d’accéder pour la première fois aux services de téléphonie et d’Internet. Parallèlement, la densification du réseau dans les zones déjà couvertes réduit la congestion et améliore la qualité du signal, rendant les services plus fiables et attractifs.
Un modèle au cœur de la stratégie publique
Ce modèle est par ailleurs soutenu par les autorités congolaises. Il est au cœur de la nouvelle stratégie du Fonds de développement du service universel (FDSU) pour la période 2026-2035. Dénommé « TowerCo Lead », il met en avant les fournisseurs de tours qui financent et déploient les infrastructures passives (tours, énergie, backhaul) en accès ouvert, tandis que les opérateurs mobiles installent les équipements actifs afin de fournir leurs services. À terme, les autorités ambitionnent de connecter près de 68 millions de personnes, principalement en zones rurales.
Le recours à cette approche s’explique notamment par son avantage économique, compte tenu de l’ampleur de la fracture numérique. Selon l’Association mondiale des opérateurs de téléphonie (GSMA), la RDC présente l’un des écarts de couverture les plus élevés au monde : 46 % de la population ne dispose pas de couverture en haut débit mobile et 25 % n’ont accès à aucun réseau mobile, y compris la 2G.
La GSMA souligne que l’extension du réseau dans les zones blanches nécessite un nombre croissant de sites et donc des investissements de plus en plus élevés. Ainsi, faire passer la couverture de 75 % à 80 % de la population requiert environ 150 nouveaux sites, contre près de 5700 pour atteindre 95 %, et plus de 2000 pour progresser de 98 % à 99 %. Cette dynamique complique fortement la couverture des zones les plus isolées, en raison de la faible densité de population et des coûts élevés associés.
AE