Ouverte le 01 avril 2026, la troisième édition du forum économique RDC-ANGOLA a éteint ses lampions ce jeudi 2 avril à Kinshasa. À l’issue des assises, les participants ont adopté une déclaration finale articulée autour de plusieurs axes stratégiques, dont la lecture a été assurée par Jean-Marie Abolia, secrétaire général à l’Économie nationale de la RDC.
Des recommandations structurantes sur les hydrocarbures et la logistique
En ce qui concerne le secteur des hydrocarbures, les participants ont décidé de mettre en place un cadre bilatéral d’échange sécurisé, transparent et structuré, de développer des plateformes logistiques transfrontalières intégrées, et d’instituer un mécanisme de financement conjoint. Ces trois mesures visent à traduire en actes opérationnels le potentiel de complémentarité énergétique entre Kinshasa et Luanda, deux capitales dont les économies reposent largement sur l’exploitation des ressources pétrolières et gazières.
Sur le plan de la facilitation des échanges, les participants ont recommandé l’accélération de la digitalisation et l’interconnexion des systèmes douaniers des deux pays, ainsi que la modernisation des procédures aux frontières. Cette orientation s’inscrit dans la volonté affichée du ministère de l’Économie nationale de la RDC de rationaliser les flux commerciaux transfrontaliers et de réduire les coûts de transaction qui pèsent sur les opérateurs économiques des deux pays.
Les participants ont également préconisé le développement des infrastructures, la création d’activités minières, industrielles et agro-industrielles, ainsi que l’inclusion des communautés locales dans les dynamiques de développement économique local.
Sur le volet financier, les recommandations portent sur l’harmonisation de la réglementation des changes, la promotion des systèmes régionaux de paiement et la facilitation des transactions mensuelles. En matière d’inclusion financière, le forum a appelé au renforcement de l’accès des populations aux services financiers et à la promotion de l’éducation financière, deux leviers essentiels pour ancrer les bénéfices de l’intégration dans le quotidien des populations des deux pays.
Sur le plan institutionnel, les participants ont recommandé la mise en place de mécanismes permanents de consultation entre administrations fiscales et financières des deux pays, afin de consolider la coopération réglementaire. Concernant les partenariats public-privé, il a été décidé d’encourager les investissements conjoints et d’impliquer davantage le secteur privé dans la mise en œuvre des réformes économiques bilatérales.
Pêche et économie bleue : une chaîne logistique à structurer
Le forum s’est également penché sur le secteur de la pêche et de l’économie bleue. Les participants ont préconisé le développement d’infrastructures frigorifiques et de transports réfrigérés, l’amélioration de la chaîne logistique pour réduire les pertes post-capture, la mise en œuvre effective des accords bilatéraux de pêche, ainsi que le renforcement des mécanismes de surveillance maritime et de lutte contre la pêche illicite.
La gestion concertée des espaces maritimes et la prévention des accidents liés à la pêche ont également été inscrites parmi les priorités. Les recommandations issues de ce forum de deux jours tracent une feuille de route ambitieuse pour l’intégration économique entre la RDC et l’Angola, deux économies dont la convergence représente un levier de développement majeur pour l’ensemble de l’Afrique centrale et australe.
DosEco