Selon un sondage publié ce mardi par le cabinet d’études Target SARL, dirigé par Serge Mumbu, 44 % des habitants de Kinshasa interrogés se déclarent membres d’une Église de réveil, contre 19 % de catholiques et 11 % de protestants. Dans la capitale congolaise, ces données traduisent une implantation plus marquée des Églises de réveil que celle des principales confessions chrétiennes historiques.
À l’échelle nationale, les catholiques représentent 28 % des personnes interrogées, devant les Églises de réveil et les protestants, crédités chacun de 22 %. À eux trois, ces groupes totalisent 72 % de l’échantillon. Viennent ensuite les branhamistes et les pentecôtistes, avec 5 % chacun, les musulmans et les Témoins de Jéhovah, avec 3 % chacun, ainsi que les néo-apostoliques et les kimbanguistes, avec 2 % chacun. L’enquête a été réalisée du 16 au 22 mars 2026 auprès de 2 280 personnes, dont 1 180 hommes et 1 100 femmes, interrogées en face-à-face et par téléphone dans huit grandes zones géographiques du pays.
Un recul du catholicisme depuis 2019
Les données présentées par Target SARL font apparaître un recul de la part des catholiques dans l’échantillon entre 2019 et 2026. Celle-ci est passée de 38 % à 28 %, soit une baisse de 10 points sur la période. Les protestants enregistrent également un repli, de 25 % à 22 %. Le catholicisme reste toutefois la première confession dans plusieurs espaces régionaux, notamment dans le Grand Kivu (43 %), la Province orientale (32 %), le Grand Équateur (31 %) et le Grand Bandundu (30 %). Dans le Grand Katanga, les protestants arrivent en tête avec 33 %, contre 25 % pour les catholiques.
Une progression continue des Églises de réveil
Sur la même période, la part des Églises de réveil dans l’échantillon est passée de 15 % en 2019 à 22 % en 2026. Leur progression demeure contrastée selon les régions. Elles représentent 4 % des personnes interrogées dans le Grand Kivu et 11 % en Province orientale. En revanche, leur présence est plus forte dans l’ouest du pays : 42 % au Kongo Central, 30 % dans le Grand Kasaï et 29 % dans le Grand Bandundu, où elles se rapprochent du niveau des catholiques (30 %). À Kinshasa, elles atteignent 44 %, contre 19 % pour les catholiques.
Une recomposition du paysage religieux urbain
Les résultats de cette enquête montrent une progression des Églises de réveil, particulièrement marquée dans les espaces urbains, notamment à Kinshasa. Ils mettent également en évidence un recul relatif du catholicisme et du protestantisme dans l’échantillon observé entre 2019 et 2026. À ce stade, ces données décrivent une évolution mesurée par le cabinet Target SARL et suggèrent une reconfiguration du paysage confessionnel, en particulier dans la capitale.
