La République démocratique du Congo a franchi un cap inédit dans son histoire financière en émettant avec succès, le 9 avril 2026, des eurobonds d’un montant total de 1,25 milliard USD sur les marchés internationaux de capitaux. L’opération a été annoncée par le ministère des Finances à Kinshasa.
L’émission est structurée en deux tranches distinctes : 600 millions USD à maturité de cinq ans, assortis d’un rendement annuel de 8,75 %, et 650 millions USD à maturité de dix ans, avec un rendement de 9,00 %. Les ressources mobilisées sont destinées au financement de projets d’infrastructures inscrits dans le Plan national stratégique de développement 2024-2028, notamment la réhabilitation de l’aéroport international de N’djili, la construction de la centrale hydroélectrique de Katende et le bitumage de la route nationale n°4.
Le ministère des Finances a précisé que l’opération a été réalisée en tirant parti d’une accalmie géopolitique récente, dans un environnement de marché qualifié de particulièrement volatil. Elle fait suite à une série de road shows conduits depuis octobre 2025, débutée à Washington D.C. et New York, prolongée en février 2026 à Londres, puis en avril 2026 à Paris, auprès de gestionnaires d’actifs internationaux de premier plan.
Le livre d’ordres, ouvert dans la matinée du 9 avril 2026, a suscité un engouement significatif de la part des investisseurs européens et américains, permettant au gouvernement de comprimer les rendements par rapport aux niveaux initialement envisagés. La demande finale a atteint 5,3 milliards USD, soit un taux de sursouscription supérieur à quatre fois le montant émis.
Une courbe de rendement désormais établie
Sur le plan stratégique, cette opération s’inscrit dans une politique de diversification des sources de financement de l’État, articulant financements concessionnaires et accès aux marchés de capitaux. La courbe de rendement ainsi constituée servira de référence pour les futures émissions souveraines congolaises, ainsi que pour les acteurs économiques privés souhaitant accéder aux marchés internationaux ou domestiques.
Les banques Citi, Rawbank et Standard Chartered ont agi en qualité de chefs de file. Les cabinets White & Case et Rothschild & Co ont assuré le conseil juridique et financier de l’opération.
DosEco