Le gouvernement a adopté, lors du Conseil des ministres du vendredi 10 avril 2026, deux projets de décrets relatifs à la gouvernance des substances minérales stratégiques du pays. Le premier texte institue une Réserve stratégique des substances minérales stratégiques. Selon l’exposé des motifs présenté par le ministre des Mines, Louis Watum, cette réserve a pour triple vocation de contribuer à la stabilisation des marchés de ces matières, de soutenir la politique de valorisation de ces substances et de renforcer la souveraineté économique de la RDC sur des ressources jugées d’importance capitale sur le marché international.
Le second décret modifie le décret n°19/16 du 5 novembre 2019 portant création, organisation et fonctionnement de l’Autorité de régulation et de contrôle des marchés des substances minérales stratégiques (Arecoms). Cette révision confie formellement à l’Arecoms la mission de constituer et de gérer la réserve ainsi créée, élargissant de facto ses attributions initiales.
Une institution née du Code minier de 2018
Créée par décret en novembre 2019, l’Arecoms est l’organe chargé de réguler et d’assainir les marchés des substances minérales stratégiques de la RDC, ainsi que d’améliorer le climat des affaires et l’attractivité économique du secteur. Son institution s’inscrit dans le prolongement direct du Code minier révisé de 2018, par lequel l’État congolais avait identifié quatre métaux stratégiques — le cobalt, le coltan, le germanium et le lithium — pour lesquels il avait instauré une hausse de la redevance de 2 % à 10 %. Son siège est établi à Lubumbashi, au cœur de la principale province minière du pays.
Un bilan récent qui plaide pour un rôle élargi
La réforme adoptée vendredi intervient après une première démonstration probante des capacités d’intervention de l’Arecoms sur les marchés. Face à un excédent de production qui avait fait chuter les cours, l’Arecoms avait décidé, le 22 février 2025, d’instaurer une suspension temporaire des exportations de cobalt.
Cette stratégie de gel des exportations semble avoir porté ses fruits, le cours du cobalt étant remonté de 22 000 dollars la tonne à 54 000 ou 55 000 dollars, selon les déclarations du ministre des Finances, Doudou Fwamba.
Première productrice mondiale de cobalt, la RDC avait assuré 84 % de l’approvisionnement mondial en cobalt en 2024. C’est à cette même institution que le gouvernement confie désormais la gestion de la réserve stratégique nouvellement créée.
Les deux textes ont été adoptés après débats et délibérations.
DEL