Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a présidé, lundi 13 avril 2026, une réunion stratégique avec les délégués appelés à siéger au sein de la future Commission interministérielle du projet MIFOR (Mines de Fer de la Grande Orientale). Cette rencontre marque le lancement opérationnel de cet organe de coordination, dont la création avait été actée lors de la présentation du projet au Conseil des ministres en janvier 2026.
Un potentiel ferrifère de rang mondial
La RDC dispose de réserves de minerai de fer estimées entre 15 et 20 milliards de tonnes, avec une teneur moyenne supérieure à 60 %. Un potentiel qui place le pays parmi les détenteurs des plus importantes ressources ferrifères encore largement inexploitées au monde. Ces réserves sont concentrées dans l’ex-province Orientale, aujourd’hui répartie entre l’Ituri, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo.
C’est sur cette base que repose l’ambition du projet MIFOR, présenté par les autorités comme un levier structurant pour l’industrialisation de la filière sidérurgique congolaise.
Un projet intégré, de la mine à la transformation
Le schéma retenu va bien au-delà de l’extraction. Il prévoit des unités de transformation locale, adossées à un corridor logistique multimodal combinant un chemin de fer lourd, la navigation fluviale et une connexion au port en eaux profondes de Banana.
La première phase du projet vise une capacité de production annuelle de 50 millions de tonnes, avec une montée en puissance progressive pouvant atteindre 300 millions de tonnes. À terme, ces volumes placeraient MIFOR dans une catégorie comparable à celle des grands bassins ferrifères d’Australie et du Brésil.
Sur le plan financier, l’investissement initial est évalué à 28,9 milliards de dollars. Sur un horizon de 25 ans, le projet table sur un chiffre d’affaires cumulé de 679,3 milliards de dollars et sur un cash-flow net de 308,2 milliards de dollars, sur la base d’hypothèses de marché jugées prudentes.
Une gouvernance interministérielle pour encadrer le déploiement
Pour assurer le pilotage du projet, le ministre des Mines avait obtenu la mise en place d’une Commission interministérielle élargie. Celle-ci est appelée à coordonner les dimensions stratégiques, techniques, industrielles, infrastructurelles et financières de MIFOR.
La réunion de ce lundi constitue ainsi la première concertation formelle de cette structure, dont la composition réunit les représentants des ministères concernés par la mise en œuvre du projet.

Un projet inscrit dans le rapprochement minier entre Kinshasa et Pékin
La dynamique autour de MIFOR intervient dans un contexte de renforcement de la coopération minière entre la RDC et la Chine. Dans le cadre du mémorandum d’accord signé fin mars 2026 entre les deux parties, le projet figure, avec d’autres initiatives de transformation locale, parmi les dossiers appelés à bénéficier d’un accompagnement prioritaire.
Cet appui devrait notamment se traduire par la mobilisation d’entreprises affiliées à la Chambre de commerce chinoise et par le déploiement progressif d’unités industrielles de valorisation à grande échelle.
Avec MIFOR, la RDC affiche une ambition claire : sortir d’un modèle centré sur l’exportation de minerais bruts pour inscrire ses ressources ferrifères dans une logique d’industrialisation, de création de valeur locale et de repositionnement géoéconomique.
DEL