La République démocratique du Congo (RDC) affiche l’un des taux d’accès à l’électricité les plus faibles au monde, estimé à 22 % par la Banque mondiale. Un sondage exclusif mené par le cabinet Target SARL du 16 au 22 mars 2026 dans les 26 chefs-lieux de province vient affiner ce diagnostic. Ses conclusions indiquent que seul un ménage sur quatre dispose d’un raccordement à domicile, pour une disponibilité moyenne de 11 heures par jour à l’échelle nationale. Derrière ce bilan global déjà préoccupant, l’étude révèle une géographie de l’inégalité énergétique particulièrement criante.
Des écarts vertigineux d’une région à l’autre
L’enquête met en lumière une fracture territoriale profonde. Les provinces les mieux desservies — Kongo Central (45 %), Haut-Katanga (42 %) et Nord-Kivu (37 %) — affichent des taux qui contrastent radicalement avec ceux de la Tshuapa (7 %) ou du Maniema (8 %), relégués à des niveaux critiques.
La durée quotidienne d’alimentation confirme cette hiérarchie spatiale, les pôles Ouest et Sud-Est se détachant nettement : Kinshasa enregistre 14 heures de disponibilité par jour, le Kongo Central 13 heures, et le Grand Katanga 12 heures. Cette relative performance s’explique par la proximité des barrages d’Inga et par la concentration des activités industrielles et minières. Ces zones, moteurs économiques du pays, génèrent une demande soutenue et ont historiquement bénéficié d’investissements infrastructurels prioritaires.
Mini-réseaux et solaire pour désenclaver l’hinterland
Face à ce constat, Target SARL formule des recommandations articulées autour de deux axes complémentaires. Le premier impose d’accélérer le financement des infrastructures de production et de distribution électrique à l’échelle nationale. Le second préconise le déploiement massif de solutions décentralisées — tels que les mini-réseaux et l’énergie solaire — spécifiquement adaptées aux provinces enclavées, où l’extension du réseau conventionnel s’avère économiquement peu viable à court terme.
Pour le cabinet, cette double approche constitue le levier le plus réaliste pour résorber les disparités régionales. Elle permettrait d’élargir significativement le taux d’accès à l’énergie dans un pays dont le potentiel hydroélectrique est l’un des plus importants au monde, mais dont les trois quarts de la population restent encore privés de lumière à domicile.
Célestin KAZADI