Fermée en raison de la résurgence de la maladie à virus Ebola, l’aéroport de Bunia, principale porte d’entrée aérienne de la province de l’Ituri (nord-est de la République démocratique du Congo), rouvrira ses portes dès cette semaine. L’annonce a été faite lundi 1 juin à Kinshasa par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, à l’issue de deux réunions stratégiques consacrées à la riposte contre l’épidémie. La reprise du trafic intervient après l’installation des dispositifs sanitaires destinés à sécuriser les flux de passagers et de marchandises.
Selon le ministre de la Communication et des Médias, cette réouverture a été rendue possible par l’achèvement des travaux portant sur les mesures de prévention, en particulier les points de lavage des mains et le contrôle de la température à l’embarquement et au débarquement.
« L’aéroport de Bunia sera ouvert cette semaine parce que les travaux concernant les dispositifs de prévention, notamment le lavage des mains et la prise de température, ont été réalisés. Cette réouverture permettra également de faciliter l’acheminement des différents appuis destinés à la riposte », a-t-il déclaré.

Un enjeu logistique pour une région enclavée
Au-delà de sa portée sanitaire, la remise en service de l’infrastructure revêt une dimension logistique et économique de premier plan pour l’Ituri, province aurifère dont l’approvisionnement et le désenclavement dépendent largement du transport aérien. La fermeture de l’aéroport pesait à la fois sur l’acheminement de l’aide internationale et sur les circuits d’échanges locaux. Sa réouverture vise donc à rétablir une chaîne d’approvisionnement essentielle, tant pour la riposte épidémiologique que pour l’activité économique régionale.
La décision a été arrêtée à l’occasion de deux séances de travail présidées par la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka. La première a réuni le Comité de pilotage multisectoriel de riposte contre Ebola ; la seconde a rassemblé le corps diplomatique accrédité en RDC ainsi que les partenaires internationaux engagés dans la lutte contre l’épidémie, en présence du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
343 cas confirmés, une riposte réajustée
Présentant l’état de la situation épidémiologique, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Samuel Roger Kamba, a fait état de 343 cas confirmés à ce jour, à l’issue de l’analyse de l’ensemble des échantillons prélevés sur le terrain. Cette consolidation des données doit permettre aux équipes d’orienter plus précisément les interventions.
Face aux inquiétudes liées à l’absence d’un vaccin spécifique contre la souche en circulation, le ministre a mis en avant l’expérience accumulée par le pays, qui en est à sa 17e épidémie d’Ebola. « La République démocratique du Congo a déjà vaincu plusieurs épidémies d’Ebola avant même l’existence des vaccins. Les mesures classiques de santé publique demeurent suffisantes pour assurer la prise en charge et le contrôle de l’épidémie », a-t-il affirmé.
Devant les diplomates, Judith Suminwa a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à conduire la riposte en coordination étroite avec les partenaires internationaux, tout en insistant sur la nécessité de diffuser une information fondée sur les faits afin d’écarter toute mesure restrictive injustifiée à l’encontre de la RDC — un signal adressé aux opérateurs et aux compagnies aériennes susceptibles de limiter leurs liaisons avec le pays.
En rétablissant la desserte aérienne de Bunia tout en maintenant un dispositif de surveillance renforcé, Kinshasa entend concilier impératif sanitaire et continuité des échanges, à l’heure où la mobilisation multisectorielle se veut le principal levier pour contenir rapidement la propagation de la maladie.
DosEco