Le Président Félix Tshisekedi a annoncé vendredi 29 mai, la création d’une task force à discipline paramilitaire chargée de l’assainissement de Kinshasa, confiant sa direction au lieutenant général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national.
La décision a été actée lors de la 91ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue à la Cité de l’Union africaine. Elle fait suite à plusieurs visites personnelles du Chef de l’État sur des sites jugés insalubres dans la capitale, notamment aux abords du Grand Marché, communément appelé « Zando ».
« À la suite de ses récentes descentes effectuées sur certaines artères et infrastructures de la ville de Kinshasa, notamment aux alentours du Grand Marché, le Président de la République Félix Tshisekedi a constaté, une fois de plus, la persistance de l’insalubrité dans notre capitale. Cette situation préoccupante, qui affecte gravement l’image de la capitale, la santé publique, l’environnement ainsi que le cadre de vie de nos populations, ne peut être tolérée davantage. Il est impératif d’empêcher que cette réalité ne s’installe durablement dans les habitudes collectives kinoises, au point d’être perçue comme une normalité (…) Dans cette perspective, il a décidé de mettre en place une task force pluridisciplinaire dédiée à la salubrité et à l’assainissement de la ville de Kinshasa, placée sous son autorité directe et pilotée par le lieutenant général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national. », rapporte le compte rendu du Conseil des ministres fait par le ministre Augustin Kibassa Maliba.
Un aveu d’échec de la gouvernance locale
La décision de recourir à une logique paramilitaire constitue implicitement un réquisitoire contre les institutions en charge de la gestion urbaine de Kinshasa. Le Chef de l’État a lui-même ciblé « l’insuffisance d’anticipation et de coordination, les lenteurs opérationnelles et les déficits de discipline » qui ont marqué les tentatives précédentes — pointant ainsi en creux les défaillances de l’Hôtel de ville et des services techniques municipaux, incapables depuis des décennies de juguler un problème structurel dans une mégapole dont la population dépasse les 17 millions d’habitants.
La nouvelle task force regroupera des experts issus de sept ministères — Intérieur, Défense nationale, Urbanisme et Habitat, Santé publique, Environnement, Infrastructures et Travaux publics — ainsi que de l’Hôtel de ville de Kinshasa. Elle sera chargée d’élaborer un plan permanent de salubrité, d’identifier et de traiter les points critiques d’insalubrité, et de proposer des mesures contraignantes en matière de discipline urbaine.
Le Président Tshisekedi doit convoquer dans les prochains jours une réunion de cadrage pour le lancement officiel de la structure. Les membres du gouvernement concernés ont été instruits par le directeur de cabinet présidentiel de désigner leurs représentants sans délai.
La décision intervient dans un contexte où Kinshasa, l’une des plus grandes métropoles d’Afrique subsaharienne, peine depuis des décennies à gérer ses déchets et à maintenir des infrastructures d’assainissement adéquates pour une population en croissance rapide.
DEL