La création par le chef de l’État d’une task force paramilitaire dédiée à la salubrité de Kinshasa continue de susciter des réactions au sein de la classe politique. Dans une déclaration faite sur son compte X, le député national Eric Tshikuma Mwimbayi, élu de la circonscription de la Funa, salue une décision qu’il juge à la hauteur des attentes des Kinois et appelle, dans la foulée, à une mobilisation citoyenne autour de l’initiative.
Annoncée à l’issue du Conseil des ministres du 29 mai 2026, la mesure place la gestion de l’assainissement de la capitale sous l’autorité directe du président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo et en confie le pilotage au lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service national. C’est ce tournant que le parlementaire de la Funa a choisi de soutenir publiquement.
Pour Eric Tshikuma Mwimbayi, le recours à un commandement paramilitaire constitue la réponse structurée qui faisait défaut aux précédentes campagnes de salubrité.
« Para-militariser la gestion de notre salubrité et de l’assainissement de l’environnement est un choix qui incarne rigueur, responsabilité et discipline », a déclaré l’élu. Il y voit « une réponse forte et nécessaire pour éradiquer cette normalité insupportable, redonner à notre ville son éclat, protéger notre santé et préserver notre environnement ».
Le député inscrit ainsi son soutien dans la logique de résultat revendiquée par la Présidence. En justifiant sa décision, le chef de l’État avait pointé les limites des mécanismes existants — manque d’anticipation, lenteurs opérationnelles et déficit de discipline — pour plaider en faveur d’une approche fondée sur la rigueur et la culture du résultat.
Au-delà du soutien institutionnel, l’élu de la Funa a tenu à associer la population à la démarche, estimant que l’action publique ne suffira pas sans changement des comportements.
« Il est temps de redresser la barre. Mobilisons-nous derrière cette initiative, car Kinshasa mérite mieux. Chaque Kinois a un rôle à jouer », a-t-il lancé. Le parlementaire plaide pour l’adoption d’« une culture du civisme environnemental » et appelle à ne pas laisser « l’insalubrité devenir notre norme, notre label ». Son ambition affichée : faire de la capitale « un exemple de propreté et de discipline ».
Une task force placée sous commandement du Service national
La structure soutenue par le deputé Eric Tshikuma réunira des experts de la Présidence, du Service national et des ministères de l’Intérieur, de la Défense, de l’Urbanisme, de la Santé publique, de l’Environnement et des Infrastructures, ainsi que des cadres de l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Sa mission : identifier les points critiques d’insalubrité, coordonner les interventions de terrain et instaurer des mesures contraignantes de discipline urbaine.
La décision est intervenue après plusieurs descentes du chef de l’État sur le terrain, dont une inspection remarquée aux abords du Grand Marché de Kinshasa, le « Zando », où les amoncellements de déchets persistaient malgré les opérations antérieures. À la tête du Service national, le lieutenant-général Kasongo Kabwik s’est forgé une réputation de gestionnaire opérationnel, notamment à travers la transformation de la cité de Kaniama Kasese, dans le Haut-Lomami.
DEL