La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé, vendredi 5 juin à la Primature, une réunion consacrée à l’audit des états liquidatifs de la paie des agents et fonctionnaires de l’État. La rencontre a réuni les membres de la commission chargée du suivi de cette mission afin d’examiner le rapport à mi-parcours présenté par l’Inspection générale des finances (IGF).
À mi-parcours, les travaux menés par l’IGF mettent en évidence les dysfonctionnements d’un système éclaté et pointent vers une solution : son unification. La première phase, consacrée à l’analyse documentaire des états liquidatifs, est achevée. La deuxième débute lundi : les équipes de l’IGF se rendront dans les services chargés de la gestion du personnel de l’État afin de vérifier les anomalies constatées et d’en identifier les causes.
« Nous avons fini l’analyse de l’état liquidatif. Nous avons présenté des conclusions à mi-parcours, non définitives. Le travail de terrain doit se poursuivre à partir de lundi. Nous allons descendre auprès de tous les services qui gèrent le personnel afin d’analyser les anomalies et écarts constatés. Ce n’est qu’à l’issue de cette étape que nous disposerons d’un rapport final », a expliqué Christophe Bisimwa, inspecteur général des finances.

Le principal constat est que la paie de l’État repose sur une multitude d’intervenants qui opèrent sans véritable intégration. Cette fragmentation serait à l’origine de la plupart des dysfonctionnements relevés.
« La grande suggestion que nous avons proposée au Gouvernement est d’unifier le circuit de la paie. Aujourd’hui, nous avons un système éclaté où plusieurs intervenants travaillent sans être intégrés dans un même dispositif. L’idéal est d’aboutir à une plateforme unifiée et digitalisée dans laquelle chaque acteur intervient selon ses compétences. Cela permettra un meilleur contrôle », a déclaré Bisimwa.
À court terme, l’IGF concentrera ses efforts sur l’harmonisation des données et la correction des anomalies avant d’engager des réformes plus structurelles.
Une hausse régulière de la masse salariale
Sur la question de la masse salariale, le patron de l’IGF apporte une nuance : la progression observée entre janvier 2023 et janvier 2026 est continue, mais non brusque.
« Les chiffres indiquent une augmentation constante, mais non soudaine, de la masse salariale. Cette évolution s’explique notamment par les ajustements salariaux intervenus au fil des années ainsi que par les engagements pris par l’État envers les agents publics », a-t-il précisé.
La rémunération des fonctionnaires demeure toutefois le premier poste de dépenses budgétaires et absorbe une part importante des ressources publiques.
Réformer avant d’étendre
Pour le Gouvernement, la maîtrise de la masse salariale est essentielle à l’équilibre des finances publiques et à la mobilisation de ressources en faveur de l’investissement et du développement. Lancée sur instruction présidentielle lors de la 79e réunion du Conseil des ministres, cette mission doit permettre au Gouvernement d’identifier les irrégularités, de fiabiliser les données administratives et de moderniser durablement le système de paie de l’État.
Célestin KAZADI