L’ancienne présidente du conseil d’administration de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE),Sylvie Olela Odimba, a alerté mardi 16 juin sur l’ampleur du déficit énergétique auquel fait face la RDC. Intervenant lors d’un panel organisé par Vodacom Congo en prélude à la DRC Mining Week 2026, elle a estimé que le pays accuse un déficit de près de 2 000 mégawatts, une situation qui freine le développement du secteur minier.
Pour attirer les investissements nécessaires à la résorption de ce déficit, cette experte a mis en relief trois conditions substantielles : un cadre réglementaire clair, une sécurité juridique renforcée et un marché compétitif.
A l’en croire, l’État doit d’abord mettre en place des règles accessibles et compréhensibles permettant aux différents acteurs de mieux appréhender l’organisation du secteur et les modalités d’accès au marché de l’électricité.
Le deuxième levier concerne la sécurité juridique des investisseurs.
« Un investisseur qui vient investir en RDC doit être sécurisé, non seulement par les normes et règles, mais aussi par la fiscalité et la protection de ses intérêts. Les investisseurs doivent bénéficier d’une protection juridique adéquate », a-t-elle déclaré.
Enfin, Madame Sylvie Olela Odimba a plaidé pour le développement d’un marché compétitif susceptible d’attirer davantage de capitaux privés dans le secteur énergétique.
Revenant sur les réformes engagées ces dernières années, elle a rappelé que plusieurs mesures législatives et réglementaires ont été adoptées afin d’accompagner la libéralisation du secteur de l’électricité et de faciliter le déploiement de projets énergétiques, notamment à travers les mini-réseaux.
Toutefois, elle a souligné que le principal défi demeure l’application effective des textes existants. À cet égard, elle a évoqué le rôle de la Delivery Unit mise en place au niveau de la Primature pour assurer le suivi des engagements gouvernementaux liés à la Mission 300.
Soutenue par la Banque mondiale, cette initiative vise à faire passer le taux d’accès à l’électricité en RDC de 22 % à 62 % d’ici à 2030. Pour Sylvie Olela, l’atteinte de cet objectif est indissociable du développement du secteur minier, dont la croissance dépend largement de la disponibilité de l’énergie.
Dans la foulée, Madame Sylvie Olela Odimba a ainsi insisté sur l’urgence de réduire le déficit actuel de 2 000 mégawatts afin de répondre aux besoins croissants de l’industrie et de soutenir la transformation économique du pays.
Dostin Eugène LUANGE, depuis Lubumbashi