La République démocratique du Congo figure parmi les pays prioritaires de la stratégie mondiale de transformation numérique portée par la Banque mondiale. L’annonce a été faite vendredi à Kinshasa par un représentant de cette institution de Bretton woods, en marge d’une session d’engagement précoce du marché consacrée au futur réseau national de fibre optique.
La nouvelle place la RDC sur la carte des chantiers numériques jugés stratégiques par le bailleur multilatéral. Selon Albert Zeufack, représentant de la Banque mondiale, le pays a été retenu dans le cadre d’une initiative mondiale visant à connecter un milliard de personnes à l’économie numérique d’ici la fin de la décennie.
« À l’échelle mondiale, la Banque mondiale met en œuvre sa stratégie numérique et d’intelligence artificielle 2026-2030, dont l’objectif est de connecter un milliard de personnes à l’économie numérique, notamment en fournissant un accès au haut débit à 600 millions de personnes et des services numériques à fort impact à 400 millions d’autres. Je suis honoré de dire que la RDC figure parmi les pays prioritaires de cette initiative », a-t-il déclaré.
Un financement de 400 millions de dollars et 100 millions d’euros
Le projet de transformation numérique de la RDC bénéficie d’un financement de 400 millions de dollars de la Banque mondiale, complété par 100 millions d’euros de l’Agence française de développement (AFD). Le programme prévoit le déploiement de plus de 11 500 kilomètres de fibre optique à travers le pays, ainsi que des investissements dans les compétences numériques, l’administration électronique, l’inclusion financière et l’innovation.
« L’objectif poursuivi est de réduire le coût de l’accès à Internet, de connecter 650 nouvelles communautés et localités au réseau mobile et d’améliorer l’accès aux services numériques pour plus de 30 millions de Congolais », a précisé le représentant de l’institution.
La rencontre de Kinshasa visait à consulter les opérateurs et les investisseurs avant le lancement du processus d’appel d’offres relatif à la construction, à l’exploitation et à la maintenance du futur réseau national de fibre optique. Celui-ci sera structuré en quatre lots géographiques, selon les indications fournies sur place.
Un retard de connectivité à combler
Le diagnostic dressé par la Banque mondiale rappelle l’ampleur du chantier. Seuls 32 % de la population congolaise disposent aujourd’hui d’un accès à Internet, et moins de 21 % des habitants possèdent un téléphone intelligent, en dépit du potentiel que représente la jeunesse de la population.
Au-delà des infrastructures de connectivité, la Banque mondiale, l’AFD et le gouvernement congolais entendent appuyer le développement du gouvernement numérique, de la cybersécurité, de la protection des données et des compétences numériques avancées, de même que l’écosystème de l’innovation et des start-up, afin d’accélérer la transformation numérique du pays.
Prince OKENDE