La République démocratique du Congo veut accélérer le développement de ses capacités énergétiques afin de répondre aux besoins croissants de son industrie minière. En marge de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week à Lubumbashi, le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Aimé Sakombi Molendo, a présenté vendredi 19 juin les grandes lignes de la stratégie du gouvernement lors d’un panel consacré aux relations entre sociétés minières, opérateurs publics et investisseurs du secteur énergétique.
Ce membre du gouvernement a rappelé le paradoxe congolais, celui d’un pays disposant d’un potentiel hydroélectrique parmi les plus importants au monde, mais dont la production reste encore insuffisante face à la demande. La RDC, a-t-il expliqué, produit actuellement environ 2 100 MW, dont une grande partie est déjà consommée par l’industrie minière.
« Sur ces 2 100 MW produits, 70 % vont déjà à l’industrie minière. La même industrie minière connaît, elle aussi, un déficit d’à peu près 2 000 MW. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que ce secteur vital, le secteur minier, contribue à hauteur de 65 % au budget national de l’État. Or, les miniers ne dépassent pas 20 % de leur capacité de production, faute d’énergie. »
Transformer le potentiel en capacités disponibles
Au centre de l’intervention du ministre : la nécessité de passer du potentiel aux capacités réelles de production. Aimé Sakombi Molendo a évoqué l’existence de 167 000 MW de potentiel hydroélectrique répartis sur 3 348 sites identifiés.
« Nous avons, c’est vrai, l’un des plus grands potentiels hydroélectriques du monde : un total de 167 000 MW, sur 3 348 sites identifiés, dont 112 rien que dans le Haut-Katanga. Mais nous voulons transformer ce potentiel en capacité effective. L’objectif, c’est donc d’atteindre 12 000 MW dans les 5 à 10 prochaines années, pour répondre aux besoins de notre pacte énergétique. »
Plusieurs projets annoncés
Parmi les projets évoqués figure celui de Pioka Tembe, situé à Inkisi, dans le Kongo Central, avec un potentiel annoncé de 6 450 MW. Le dossier, selon le ministre, fait actuellement l’objet d’une mise à jour des études techniques réalisées avec l’appui de la société italienne Electroconsult.
« D’ici 6 à 8 mois, ce sera terminé. Nous allons lancer un appel à manifestation d’intérêt pour trouver des développeurs. Probablement, l’année prochaine, premier coup de pioche. »
Aimé Molendo Sakombi a également cité le projet Kinsuka Power à Kinshasa (900 MW), les chutes de la Luapula à la frontière zambienne (1 400 MW), ainsi que le projet d’interconnexion avec l’Angola.
« L’Angola a un surplus de 2 000 MW. Nous pensons donc construire la plus grande ligne d’interconnexion d’Afrique, qui partirait de Malanje jusqu’à Fungurume, en passant par Dilolo. 1 450 km. Nous pouvons construire cela en 36 mois. ».
Aimé Sakombi Molendo a également appelé les entreprises minières à mutualiser leurs efforts pour investir dans de nouveaux projets énergétiques, avec l’accompagnement de l’État.
« Je vais moi-même leur proposer de se syndiquer pour pouvoir réaliser des projets énergétiques ensemble, avec l’État comme partenaire, afin que chacun puisse en tirer sa part et accroître la production. »
Concernant la réservation de 10 % de l’énergie produite au bénéfice des populations, prévue par la loi, le ministre a indiqué que les mécanismes d’application étaient en préparation. travers cette stratégie, le gouvernement entend répondre à l’un des principaux défis du secteur minier congolais qui est celui de disposer d’une énergie suffisante pour soutenir les investissements et accompagner la transformation industrielle.
Dostin Eugène LUANGE, depuis Lubumbashi