À la DRC Mining Week, Mutanda Mining (Mumi) a présenté sa démarche qui vise à renforcer la présence des femmes dans l’industrie minière. Lors du panel « Women in Mining », organisé le 19 juin 2026 à Lubumbashi, la filiale de Glencore a exposé les initiatives mises en œuvre pour favoriser l’inclusion, le développement des compétences et l’évolution professionnelle des femmes au sein de ses équipes.
S’appuyant sur le cadre « IDEAL » développé par Glencore et sur une politique de recrutement volontaire, Mumi affirme avoir enregistré des avancées dans la féminisation de ses effectifs. Selon les chiffres présentés lors de la session, la proportion de femmes au sein de l’entreprise serait passée de 2 % en 2023 à 4,7 % en trois ans.
Représentant Mutanda Mining, Eliane Mboso, Directrice Générale des Ressources Humaines et de l’Administration, a expliqué que cette évolution repose sur une approche qui ne se limite pas au recrutement. Pour l’entreprise, l’enjeu est également d’accompagner les femmes dans la construction de parcours professionnels durables au sein d’un secteur encore largement masculin.
Le cadre « IDEAL », une approche structurante
En tant que filiale de Glencore, Mutanda Mining s’appuie sur le référentiel « IDEAL », qui repose sur cinq piliers : Inclusion, Diversité, Équité, Avancement et Local. Cette approche vise à intégrer les enjeux de diversité dans les pratiques quotidiennes de l’entreprise tout en tenant compte du contexte local.
Pour Mumi, la promotion des femmes passe également par un changement de culture interne. Des actions de sensibilisation sont menées auprès des collaborateurs afin de favoriser une meilleure collaboration entre hommes et femmes et de faire de l’inclusion une réalité sur le terrain.
L’objectif, selon Eliane Mboso, n’est pas seulement de répondre à une logique de quotas, mais de permettre aux femmes d’être pleinement reconnues comme des collègues et des professionnelles capables d’évoluer dans tous les métiers de l’entreprise.
Recruter, former et accompagner les talents
Au-delà de la politique de recrutement, Mutanda Mining met l’accent sur l’accompagnement des talents féminins. L’entreprise a ainsi développé des programmes de renforcement des compétences transversales destinés à donner aux collaboratrices les outils nécessaires pour accéder aux différentes opportunités professionnelles.
La démarche concerne tous les niveaux de responsabilité. Les profils des femmes présentes dans l’organisation sont examinés afin d’identifier les potentiels, les besoins de développement et les perspectives d’évolution.
Deux mécanismes internes soutiennent cette dynamique : un comité des femmes et un comité dédié au programme IDEAL. Ces structures contribuent à identifier les défis rencontrés et à proposer des actions adaptées.
La présence d’une femme au Comité de direction constitue également un élément important dans cette démarche, en assurant une prise en compte des questions liées à la diversité au niveau stratégique de l’entreprise.
Le mentorat pour encourager les nouvelles générations
Mutanda Mining mise également sur le mentorat comme outil de transmission. Les femmes occupant déjà des postes de responsabilité accompagnent celles qui souhaitent développer leurs compétences et progresser dans leur carrière.
L’entreprise développe aussi des initiatives en direction des jeunes filles, notamment à travers des visites organisées pour des élèves d’écoles techniques féminines. Ces rencontres permettent aux étudiantes de découvrir les métiers de la mine, d’échanger avec des techniciennes et des cadres de Mumi et de mieux se projeter dans une carrière industrielle.
À travers ces actions, l’entreprise souhaite montrer que les métiers techniques et les fonctions de responsabilité dans l’industrie minière sont également accessibles aux femmes congolaises.
Les défis d’une meilleure représentation des femmes dans la mine
Malgré les progrès enregistrés, la féminisation du secteur minier demeure confrontée à plusieurs défis. Eliane Mboso a notamment évoqué l’accès encore limité des jeunes filles aux filières scientifiques et techniques, qui constituent souvent une voie d’entrée vers les métiers de l’industrie extractive.
À cela s’ajoutent certaines perceptions culturelles qui continuent d’influencer l’orientation professionnelle des femmes, ainsi que des contraintes liées aux exigences du métier et à la conciliation entre vie professionnelle et responsabilités familiales.
Pour Mutanda Mining, la progression de la place des femmes dans l’industrie minière nécessite donc un engagement collectif impliquant les entreprises, les établissements de formation et les communautés.
Dostin Eugène LUANGE, depuis Lubumbashi