Le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté mardi 16 juin à Kinshasa, une feuille de route qui vise à porter le budget national de la République démocratique du Congo de 20 milliards à 100 milliards de dollars au cours des dix prochaines années.
S’exprimant lors de la seconde édition des Journées scientifiques consacrées à l’accroissement des recettes de l’État, ce membre du gouvernement a défendu une série de réformes destinées à renforcer la mobilisation des ressources publiques et à élargir l’assiette fiscale.
Selon lui, l’objectif intermédiaire consiste à atteindre un budget de 50 milliards de dollars dans les cinq prochaines années avant de franchir le cap des 100 milliards de dollars à l’horizon 2036.
Parmi les principales mesures proposées figure l’interconnexion électronique des systèmes de gestion douanière et commerciale. Julien Paluku a notamment cité la connexion entre le système S-One du Guichet unique intégral du commerce extérieur et Sydonia World de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), une réforme destinée à améliorer la traçabilité des opérations et à réduire les pertes de recettes.
Bien plus, le ministre a également plaidé pour des sanctions renforcées contre les acteurs qui entravent les réformes numériques engagées dans le secteur du commerce extérieur.
Diversifier l’économie au-delà du secteur minier
Séance tenante, Julien Paluku a appelé à réduire la dépendance de l’économie congolaise aux ressources minières, estimant que la volatilité des cours mondiaux expose le pays à d’importants risques budgétaires. Il a défendu une stratégie de diversification reposant notamment sur la relance des filières agricoles à forte valeur ajoutée telles que le cacao, le café, l’huile de palme et l’hévéa.
Selon lui, le développement de ces secteurs pourrait contribuer à élargir la base productive du pays et à générer de nouvelles recettes fiscales.
Julien Paluku a également recommandé une meilleure coordination entre le Parlement, le Gouvernement, la Justice et le secteur privé afin d’accélérer les réformes économiques.
Ses propositions incluent notamment la suppression de certaines taxes jugées pénalisantes pour les entreprises, la rationalisation de la nomenclature fiscale ainsi qu’un renforcement de la lutte contre la corruption.
Les participants aux Journées scientifiques ont souligné la nécessité d’accélérer la digitalisation de l’économie et de mettre en place des mécanismes favorisant l’investissement et l’entrepreneuriat. En ouvrant les travaux, le président de l’Assemblée nationale a invité les experts, responsables publics et opérateurs économiques à formuler des recommandations capables de renforcer durablement les recettes publiques et de soutenir la transformation économique de la RDC.
Prince OKENDE