Les États-Unis ont annoncé cette semaine le déblocage de plus d’un milliard de dollars d’aide humanitaire en faveur du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), dans le cadre d’un nouveau mécanisme destiné à soutenir des opérations d’urgence dans plus de 40 pays, dont la République démocratique du Congo.
Selon un communiqué du Bureau du porte-parole du Département d’État américain consulté par DosEco, le PAM recevra plus de 800 millions de dollars, tandis que l’UNICEF bénéficiera de plus de 218 millions de dollars. Ces financements doivent appuyer des interventions vitales dans des pays confrontés à des crises humanitaires majeures, à l’instar de la RDC.
Ces subventions, précise la source, constituent les deuxième et troisième tranches d’une série destinée à des « organisations opérationnelles fiables et rigoureusement sélectionnées ». Elles s’inscrivent dans une nouvelle approche visant à remplacer les financements fragmentés du passé, jugés coûteux en frais administratifs, par un système axé sur la rapidité d’exécution, la responsabilité et la mesure des résultats.
Cette annonce s’inscrit dans le prolongement du mémorandum d’entente conclu en décembre 2025 entre l’administration américaine et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), dans le cadre de l’initiative baptisée « Réinitialisation humanitaire».
Selon Washington, ce dispositif a permis de centraliser les opérations sous une coordination unique, de renforcer les mécanismes de redevabilité et de réduire les lourdeurs administratives afin de consacrer davantage de ressources aux interventions de terrain. Depuis la mise en œuvre de cet accord, les États-Unis indiquent avoir versé 3,8 milliards de dollars à OCHA. Les autorités américaines estiment que cette réforme a permis d’accélérer le déploiement des ressources tout en améliorant le suivi des fonds engagés.
Pour la RDC comme pour les autres pays bénéficiaires, l’aide sera déployée de manière multisectorielle, conformément aux mandats du PAM et de l’UNICEF. Les financements serviront notamment à soutenir les programmes d’alimentation, de nutrition, de santé, de protection de l’enfance, de logistique humanitaire ainsi que les interventions dans les domaines de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement.
Le Département d’État affirme que les ressources seront affectées en priorité aux besoins les plus urgents, selon une méthode de ciblage destinée à maximiser l’impact de chaque dollar engagé.
Washington met également en avant la rapidité de décaissement obtenue grâce à cette réforme. Selon le communiqué, OCHA aurait débloqué 88 % des ressources disponibles sur le terrain en seulement quatre mois, avec un délai moyen de sept jours entre l’allocation des fonds et leur mise à disposition des acteurs humanitaires. Dans certains cas, les interventions auraient pu être lancées en moins de 24 heures.
Les États-Unis, premier donateur humanitaire mondial, présentent ce financement comme un levier de réforme du système humanitaire international. L’administration américaine affirme vouloir poursuivre sa collaboration avec le PAM, l’UNICEF et OCHA afin de promouvoir un modèle d’assistance davantage axé sur les résultats, la responsabilité et l’efficacité opérationnelle.
Célestin KAZADI