En marge de la DRC Mining Week, la directrice générale de l’Agence nationale de promotion des investissements (ANAPI), Rachel Pungu Luamba, a présenté jeudi 18 juin à Lubumbashi les principaux atouts de la République démocratique du Congo aux investisseurs nationaux et internationaux.
Devant un public composé de diplomates, de responsables publics et d’acteurs du secteur privé, elle a déroulé un argumentaire résolument promotionnel, mettant en évidence les performances économiques du pays, son potentiel minier et les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires.
La responsable a d’abord insisté sur la dynamique de l’économie congolaise, qu’elle adosse aux chiffres du Fonds monétaire international.
« La RDC s’impose comme un acteur économique majeur en Afrique subsaharienne. Les dernières estimations du Fonds monétaire international, en avril 2026, projettent le PIB nominal de la RDC à 123 milliards de dollars américains, ce qui la place en cinquième position des économies d’Afrique subsaharienne, après l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Angola et le Kenya. Le taux de croissance du PIB réel est estimé, toujours par le FMI, à 5,9 % pour cette année, bien au-dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne, qui est de 4,3 % », a-t-elle déclaré.
À l’appui de ce tableau, elle a rappelé que le pays a réussi sa première émission d’eurobond sur les marchés internationaux, qu’elle présente comme un signal de confiance des investisseurs étrangers. Un satisfecit qui n’occulte pas la forte dépendance de cette performance au seul secteur extractif, comme l’illustre la suite de son propos.

La DG de l’ANAPI a, en effet, reconnu que l’économie demeure largement tributaire des mines, tout en plaidant pour un changement de modèle.
« On voit très bien la richesse du sous-sol congolais : plus de 1 100 variétés de minerais, dont la moitié des minerais considérés comme stratégiques dans le monde s’y retrouvent. Mais la RDC opère un changement de paradigme. Aujourd’hui, elle ne veut plus rester une économie extractive : elle veut devenir une économie qui transforme, qui crée réellement de la valeur. »
Il s’agit là d’une ambition que les autorités situent au cœur du corridor de Lobito, érigé en principale opportunité offerte aux opérateurs miniers. Madame Rachel Pungu Luamba en détaille l’intérêt logistique.
« Pour les investisseurs, ce sont de réelles opportunités. Pourquoi ? Parce que le corridor traverse des régions, notamment le Haut-Katanga et le Lualaba, qui regorgent de ressources minérales : le cuivre, le cobalt, les minerais utiles à la transition énergétique. Ce corridor part des bassins de production vers le port de Lobito, avec une sortie sur l’Atlantique. Cela offre la possibilité d’acheminer aussi bien des produits finis que des matières premières par une voie autre que celle de l’océan Indien, qui impliquait d’abord la route, avec des délais longs et des coûts exorbitants. Il y a donc une réduction des délais, une réduction des coûts et un gain de compétitivité pour la RDC », a-t-elle indiqué dans son discours.
À cet argument, l’ANAPI ajoute l’intégration régionale et la démographie comme leviers d’attractivité, sans toutefois éluder le préalable énergétique :
« La population de la RDC est également une force : c’est, je le dis toujours, le premier atout du pays — plus de 110 millions d’habitants, dont plus de 60 % ont moins de 35 ans. Cela traduit la jeunesse, la vigueur et la croissance de la population et de la main-d’œuvre. Et comme la RDC est membre de plusieurs regroupements régionaux — SADC, COMESA et désormais la ZLECAf —, pour un investisseur qui installe son projet en RDC, et plus précisément sur le corridor, cela ouvre l’accès à un marché de près d’un milliard de consommateurs. »
Consciente que ces promesses ne suffisent pas à lever les réticences, la directrice générale a enfin présenté l’arsenal censé sécuriser les capitaux, en s’appuyant principalement sur le Code minier.
« Au niveau du Code minier, plusieurs mécanismes consacrent la protection des investisseurs et des investissements. Je n’en citerai que deux, très parlants : la stabilité du régime fiscal, douanier et de change applicable au projet minier ; et le renforcement de la transparence des procédures d’octroi des titres miniers, qui garantit une meilleure traçabilité des titres. Au-delà, des mécanismes internationaux découlent de l’appartenance de la RDC à certains groupements (…). Ces cadres permettent une protection réciproque des investisseurs et évitent la double imposition. »

Ces garanties s’accompagnent de la révision en cours du Code des investissements et de la digitalisation du guichet unique de l’ANAPI, destinées à simplifier les démarches administratives. Reste, au-delà du discours d’attractivité, à transformer ces engagements en réalisations concrètes — un défi que la responsable elle-même range parmi les chantiers encore ouverts.
Dostin Eugène LUANGE, depuis Lubumbashi