En marge de la 21e édition de la DRC Mining Week qui se tient du 17 au 19 juin à Lubumbashi, le Secrétaire exécutif de l’Observatoire d’études et d’appui à la responsabilité sociale et environnementale (EARSE), Freddy Kasongo, s’est inquiété de la faible part des revenus miniers qui bénéficie réellement aux communautés locales du Haut-Katanga, principale région productrice de cuivre et de cobalt du pays.
Interrogé par DosEco sur l’impact de l’exploitation minière sur les populations riveraines, il reconnaît l’existence de quelques avancées, tout en soulignant leurs limites.
« Il faut avouer effectivement qu’avec l’industrie minière, il y a certains signes d’un début de développement : des infrastructures, des bases dans certaines structures. Ces réalisations demeurent toutefois insuffisantes pour enclencher une dynamique durable de développement », a-t-il déclaré.
Dans la foulée. Freddy Kasongo a dénoncé notamment une utilisation peu stratégique des ressources captées au niveau local. « On n’est pas vraiment arrivé à utiliser les peu de revenus que nous captons au niveau communautaire comme des leviers de développement, avec des projets bien réfléchis et inscrits dans la durabilité », regrette-t-il. Il cite notamment la construction d’écoles primaires dans des zones déjà pourvues, alors que les besoins portent parfois davantage sur l’enseignement secondaire ou d’autres infrastructures structurantes.
Le responsable de l’EARSE estime également que les communautés ne reçoivent pas l’intégralité des montants auxquels elles ont droit au titre des redevances minières. « Elles perçoivent moins que ce qu’elles devraient percevoir », affirme-t-il, évoquant un écart que son organisation tente de documenter à travers le suivi des flux financiers issus de l’activité minière.
Ce acteur de la société civile pointe aussi le non-respect de certaines dispositions du Code minier. Selon lui, de nombreuses entreprises n’ont toujours pas signé les cahiers des charges prévus par la législation, malgré l’existence de sanctions. « Le Code minier avait même prévu que l’on puisse déchoir de leurs titres tous ceux qui n’ont pas la licence sociale », rappelle-t-il, déplorant que les sociétés en situation d’irrégularité restent nombreuses.
Pour remédier à ces dysfonctionnements, Freddy Kasongo plaide pour une application rigoureuse de la loi et un renforcement du rôle de l’État. « Ce qui doit être fait, c’est le renforcement du pouvoir de l’État (…) et l’application du Code minier », soutient-il, estimant que le cadre juridique actuel offre déjà les outils nécessaires pour garantir une meilleure redistribution des bénéfices du secteur.
L’EARSE encourage par ailleurs les bénéficiaires des revenus miniers infranationaux à orienter une partie de ces ressources vers le développement énergétique. Pour son secrétaire exécutif, l’accès à l’électricité constitue un investissement structurant susceptible de favoriser l’émergence d’activités économiques durables et d’améliorer les conditions de vie des populations vivant dans les zones minières.
Prince OKENDE