Trop de politiques éloignent les pays africains du développement (Tribune de Julien Paluku)

La revue de la littérature sur la trajectoire de développement renseigne la manière dont les pays aujourd’hui émergents ont décidé de leur sortie des crises.

Une revue des politiques comparées peut nous en dire plus. USA, France, Japon, Royaume-Uni, Chine,
Indonésie , Singapour, Malaisie, Hong Kong, Philippines,
Maroc, Afrique du Sud. Ces deux pays africains (11 & 12) ont des modèles économiques en cours de construction auxquels on peut ajouter le Nigéria, la Côte d’Ivoire et la RDC qui s’est dotée de son « Plan national stratégique de développement ».

Ailleurs en Afrique par contre, tout le monde si pas au moins tout acteur politique s’érige fondamentalement en opposant déclaré ou non du régime auquel il ne participe pas. Il s’observe que ceux qui dirigent depuis les indépendances africaines sont dans une posture d’auto-protection pour faire face aux critiques acerbes, ce qui paraît comme une stratégie délibérée ou pas de distraire par une prétendue opposition.

La RDC l’a vécu aux premières heures déjà à 3 mois de son indépendance et à toutes les autres étapes de gouvernance que le pays a connues. C’est comme si les querelles politiques en Afrique sont congénitales – si on emprunte le terme biologique – en considérant que ces querelles sont génétiques car transmises aux générations à la naissance de la République.

Mais, qu’à cela ne tienne. Maintenant, à qui la faute ? Selon la méthode d’analyse stratégique à laquelle nous avons recouru, les fautes ou les erreurs de parcours ou encore les dérapages sont partagés.

● D’une part, ceux qui ont dirigé depuis les indépendances africaines, ne s’efforcent pas à mettre en place des modèles économiques pour projeter leurs peuples dans un horizon bien connu et rassurant.

Les incertitudes du lendemain poussent les acteurs à verser dans l’immédiateté, la recherche du gain facile et la tolérance de la corruption.

Aussi, l’absence d’évaluations périodiques, de suivi et de sanctions positives et négatives à l’endroit des acteurs publics ne renforce pas la redevabilité.

En outre, les parlementaires africains, en général, eux qui devaient réguler la vie publique, sont dans une dualité politique majorité-opposition en s’éloignant des missions traditionnelles. Il s’érige ainsi des cercles des protégés, de ceux des non-protégés et s’en suivent enfin des jeux de ping-pong.

La littérature à ce sujet est abondante en Afrique


● D’autre part, ceux qui sont dans l’opposition développent, depuis les indépendances africaines, deux postures : une pour l’opposition de façade servant de caisse de résonance à la majorité au pouvoir en Afrique. Et une autre, qui pourrait être la vraie mais qui s’enlise, elle aussi, dans des dénonciations stériles au lieu de se constituer en forces de propositions.

● A cet obscurantisme dans la bipolarisation de la vie politique en Afrique, se dresse une population subissante et une élite à la merci du mieux offrant car vivant dans la précarité.

● Et comme si cela ne suffisait pas, viennent s’ajouter des réseaux internationaux qui se greffent sur les dirigeants africains pour les niveler vers le bas, craignant le réveil du continent. Et pourtant, avec le multilatéralisme, chaque État peut sortir gagnant dans les rapports économiques clairement définis.

Que faire ?


Notre analyse politologique ouvre la voie à la critique scientifique. Mais avant de vous produire la prochaine tribune, les données empiriques renseignent que les querelles politiques et l’instabilité qui en découle créent un environnement hostile à l’investissement, à la croissance économique et au bien-être social, bloquant ainsi de manière significative le développement du continent africain.

(Nous y reviendrons avec force dans une publication scientifique).

Julien Paluku
Doctorant en Sciences Po à l’université de Kinshasa

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