Patrick Muyaya : “La paix est un choix. Au nom du prix que nous devons payer, nous avons accepté de faire des concessions”

Le Président de la République, Félix Tshisekedi, avait déclaré urbi et orbi son indisponibilité à engager le dialogue avec les rebelles du M23, les qualifiant de pantins, de supplétifs et tutti quanti. Pourtant, qu’est-ce qui motive ce revirement inattendu à la dernière minute ?

Lors d’un briefing presse organisé lundi 21 juillet, aux côtés du VPM de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a clarifié que la paix est un choix. Conscients du prix à payer, les autorités se sont résolues à faire des concessions en dialoguant avec les rebelles pour bâtir une paix durable.

“La paix est un choix que le Président a fait. Elle impose un prix, et c’est ce que nous payons dans ces discussions. Lors des échanges que nous avons eus, notamment avec les médias—votre rôle est crucial pour relayer nos messages à la population—il y a un temps pour tout. Aucune guerre ne reste éternelle. Nous sommes dans une phase délicate, celle qui nous conduit vers la paix. C’est au nom de cette paix, et du prix que nous devons payer, que nous devons faire des concessions,” a affirmé Patrick Muyaya.

Et d’ajouter : “Nous faisons des concessions, y compris sur le front médiatique que nous tenons, face à un contexte évolutif, sans pour autant changer la nature de nos ennemis. La communauté internationale, préoccupée par cette crise de longue date, nous appelle à aller vers la paix. Dans nos décisions, une constante recommandation a été de dialoguer. Qu’attendions-nous de la position du Président ? Une fermeté qui a permis d’imposer des sanctions contre l’économie rwandaise.”

Le VPM Shabani a ensuite évoqué les sept points du document des principes de paix. Concernant le cessez-le-feu, il a souligné que les discussions de Doha s’inscrivent dans un cadre plus large.

Il a rappelé la rencontre entre Tshisekedi et Kagame en mars, suivie en avril par la signature d’un communiqué entre les représentants congolais et ceux de la coalition M23. Un mécanisme de suivi a été établi pour dénoncer les violations de cet accord.

“Aujourd’hui, grâce à la déclaration de principes, la médiation a permis aux parties de réaffirmer leur engagement d’avril. Dans les jours à venir, un accord de paix sera signé, comprenant des mesures et des engagements clairs pour restaurer l’autorité de l’État,” a-t-il précisé.

Troisièmement, les mesures de confiance. Jacquemin Shabani a fait savoir que la médiation a jugé essentiel d’intégrer ce point comme principe fondamental de l’accord de paix à venir. Cela inclut des actions concrètes, comme la libération de prisonniers des deux camps et le retrait des forces belligérantes de certains territoires occupés.

Quatrièmement, la restauration de l’autorité gouvernementale. De son avis, cela passe par la mise en œuvre des prérogatives du pouvoir public dans les entités. Le ministère de l’Intérieur est sur le terrain, et un redéploiement des responsables de l’administration s’impose. Ce processus nécessite l’élaboration de mécanismes qui seront précisés dans l’accord de paix.

Cinquièmement, le retour des réfugiés et des déplacés. Cette question sera abordée sous l’angle du droit international humanitaire. Avec l’appui du HCR, toutes les problématiques seront examinées. Une réunion tripartite HCR – RDC – Rwanda se tiendra cette semaine à Addis-Abeba pour faire le point sur la situation des réfugiés des deux côtés de la frontière.

En sixième position, le rôle de la Monusco et les mécanismes régionaux. La protection des civils dans les zones de conflit est cruciale. Il est impératif que la Monusco soit pleinement engagée dans la gestion de cette protection durant la période post-conflit.

Dostin Eugène LUANGE

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