L’observatoire de la dépense publique (ODEP) trouve utopique la réduction du train de vie des institutions annoncée urbi et orbi par le président de la République, Félix Tshisekedi.
En effet, à la veille du remaniement du gouvernement Suminwa, Félix Tshisekedi a promis une fois de plus de réduire la taille du gouvernement que d’aucuns qualifient d’éléphantesque. Dans son communiqué publié lundi 11 août, le professeur Florimond Muteba, PCA de l’ODEP, se dit surpris de la perpétuation de la taille et du format du gouvernement. Il est d’avis que cette équipe vient augmenter considérablement les charges de fonctionnement au détriment des investissements productifs, de la défense nationale, de la protection sociale et de la réponse aux urgences humanitaires.
À ce rythme, souligne-t-il, le risque est grand de voir s’enraciner un cycle de mauvaise gouvernance et de stagnation socio-économique, alors même que les défis exigent des choix courageux, une transparence totale et une discipline budgétaire exemplaire.
“Cette configuration institutionnelle hypertrophiée, dans un contexte de contraction des marges budgétaires, accentue les déséquilibres structurels et fragilise encore davantage la capacité de l’État à répondre efficacement aux priorités nationales”, a-t-il indiqué.
Face à l’urgence, l’ODEP réitère un ensemble de réformes prioritaires, dont la mise en œuvre est indispensable pour restaurer la discipline budgétaire, renforcer la transparence et améliorer l’impact des politiques publiques.
Grosso modo, il appelle le président de la République à doter la Cour des comptes de l’ensemble de ses pouvoirs légaux afin qu’elle exerce pleinement ses missions de contrôle juridictionnel et de sanction. Elle doit être habilitée à engager des poursuites, infliger des sanctions et exiger la restitution des fonds détournés, avec transmission systématique des dossiers aux autorités judiciaires.
Bien plus, il appelle à la tenue d’un forum national sur la fragilité budgétaire. Ce forum réunirait l’ensemble des parties prenantes, gouvernement, parlement, organes de contrôle, régies financières, société civile, partenaires techniques et financiers pour établir un diagnostic partagé de la chaîne des recettes et dépenses publiques. L’objectif est d’aboutir à un plan d’action contraignant, assorti de mécanismes de suivi et de sanctions, afin de corriger les failles structurelles et restaurer la crédibilité de la gestion budgétaire.
In fine, il appelle à la rationalisation et à la réduction des exonérations fiscales. De son avis, la multiplication des régimes fiscaux dérogatoires prive l’État de ressources importantes.
“Il est nécessaire de réduire ces exonérations à un seuil strictement justifié et de s’assurer qu’elles répondent à des objectifs économiques mesurables, tels que la création d’emplois ou le développement industriel. Cette mesure permettrait d’accroître les recettes publiques et de financer durablement les priorités nationales”, déduit-il.