Face à des pertes économiques estimées à 1,5 milliard de dollars par an, selon la Banque africaine de développement (BAD), le gouvernement kényan mise sur cette nouvelle équipe pour renforcer la lutte contre la corruption et les crimes économiques.
Le président kényan, William Ruto a approuvé, le lundi 18 août 2025, la création d’une « équipe interministérielle de lutte contre la corruption » (MAT). Cette nouvelle structure devra améliorer la coordination entre les principales institutions mobilisées contre la corruption, les crimes économiques et les infractions connexes.
Selon le communiqué de la présidence, la MAT sera présidée par l’Exécutif et appuyée par le Bureau du procureur général, qui en assurera le secrétariat. Elle réunira entre autres le Service national de renseignement, la Commission d’éthique et de lutte contre la corruption, l’Autorité fiscale du Kenya, la Banque centrale et l’Autorité de régulation des marchés publics. D’autres institutions pourront être associées en fonction des besoins.
Ses priorités incluent le renforcement de la coopération interinstitutionnelle, l’implication d’organismes publics et du secteur privé, la mobilisation de ressources, le partage de bonnes pratiques, la communication sur les résultats obtenus et la collaboration avec des partenaires internationaux pour le recouvrement des avoirs illicites.
Le financement de l’équipe proviendra des budgets des agences participantes, complétés par d’éventuelles sources additionnelles, souligne la note.
La mise en place de cette structure intervient dans un contexte marqué par la persistance de la corruption au Kenya. Selon l’Indice de perception de la corruption 2024 de Transparency International, le pays occupe le 121ᵉ rang mondial, avec un score de 32 sur 100, en légère amélioration par rapport à l’année précédente (126ᵉ, 31/100).
Les pertes restent toutefois considérables. La Banque africaine de développement (BAD) estime que la corruption, les flux financiers illicites et l’inefficacité des dépenses publiques coûtent au Kenya environ 1,5 milliard de dollars par an, des fonds qui pourraient être investis dans la santé, l’éducation, les infrastructures ou la lutte contre la pauvreté.