Dans le cadre de la 8ᵉ édition de la campagne « École Eza Mombongo Te », l’ONG Young Men Action for Education (YMAE), partenaire éducatif du gouvernement, interpelle le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, sur les antivaleurs liées à la marchandisation de l’éducation et les difficultés rencontrées par les élèves face à la gratuité de l’enseignement en République démocratique du Congo, notamment à Kinshasa.
Selon l’alerte adressée au chef de l’État, certaines écoles publiques et privées remettent en cause la gratuité de l’enseignement en imposant des frais cachés, tels que le transport des enseignants, les matériels ou divers frais annexes, ce qui met en difficulté de nombreuses familles vulnérables.
« La gratuité de l’enseignement est remise en cause par des frais cachés (transport des enseignants, frais divers, matériel), qui touchent particulièrement les familles les plus vulnérables, alors qu’il s’agit d’un engagement public », indique YMAE dans sa correspondance.
Les enquêtes menées par l’ONG dans les établissements scolaires de Kinshasa dénoncent des pratiques préoccupantes dans des écoles publiques telles que le Collège Notre-Dame de Lingwala, le Lycée Kimwenza et le Collège Ndingambote. Ces écoles imposeraient des charges importantes pour l’accès à l’éducation. YMAE cite notamment le retrait des résultats ou la condition des tests d’admission à des paiements spécifiques comme obstacles à l’équité et à la gratuité pédagogique.
Concrètement, le Collège Notre-Dame de Lingwala exigerait 150 $ pour le transport des enseignants et 30 $ pour l’achat d’un polo Lacoste destiné aux élèves du primaire. Pour le Lycée Kimwenza et le Collège Ndingambote, des tests d’admission et autres frais supplémentaires sont fixés à 30 $.
Face à ces pratiques, YMAE ONG appelle le gouvernement à déployer des inspecteurs honnêtes, sérieux et rigoureux pour assurer la transparence budgétaire et la régulation des frais scolaires, en coordination avec les membres de la Copa. L’ONG recommande également la création d’une task force informelle pour superviser ces mesures, ainsi qu’un renforcement public du cadre éducatif, notamment en matière de transport, de matériel scolaire et de préparation des infrastructures pour la rentrée.
Blaise-Pascal Bonduku, CP