La Banque centrale du Congo (BCC) a annoncé lundi avoir vendu 50 millions de dollars aux banques commerciales du pays au taux de 2776 francs congolais pour 1 dollar. Cette opération vise à contenir la pression sur le taux de change et à stabiliser la monnaie nationale.
En clair, les banques ont payé ces dollars en francs congolais, ce qui retire une partie de la monnaie locale de la circulation. Dans le même temps, l’offre de dollar sur le marché devrait augmenter, réduisant la rareté de cette devise sur le marché et freinant sa hausse. A court terme, ce mécanisme permet de stabiliser le franc congolais et limiter la demande spéculative de devises.
Selon Guy Sylvain Katumba, consultant en gouvernance et finances publiques, cette mesure vise à rassurer les opérateurs économiques, à réduire la pression sur le franc congolais et à limiter la spéculation. Toutefois, elle reste une réponse conjoncturelle qui ne résout pas les causes structurelles et profondes de la dépréciation monétaire du pays qui sont entre autres : la dépendance aux importations, le déficit budgétaire et la faible diversification de l’économie.
Pour l’économiste congolais Zack Mudimbi, ce mécanisme de vente de devises étrangères contre la monnaie nationale reste provisoire.
Le spécialiste des questions monétaires estime qu’une stabilisation durable du franc congolais exige des réformes structurelles, notamment la relance de la production locale, la diversification des exportations et une réduction de la dollarisation de l’économie.
« A court terme, le CDF [franc congolais, Ndlr] respire mais à long terme, seule une économie productive et diversifiée et complétive pourra assurer une monnaie locale solide », soutient-il.